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Addis-Abeba : la délégation de la RDC au GIEC réclame davantage de moyens pour la recherche climatique en Afrique

ven 16/10/2026 - 22:11
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Daniel Mukubi Kikuni, chef de division chargé des changements climatiques à la Direction du développement durable (DDD), au ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat
Daniel Mukubi Kikuni, chef de division chargé des changements climatiques à la Direction du développement durable (DDD), au ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat

Par Denise Kyalwahi

À l'occasion de la 65e session du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), tenue du 12 au 16 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, la République démocratique du Congo (RDC) a défendu un renforcement des capacités scientifiques africaines, un meilleur accès aux données climatiques et la valorisation des savoirs des communautés locales. Des revendications jugées essentielles pour mieux répondre aux vulnérabilités du continent face aux changements climatiques.

La participation des pays africains à la production des connaissances scientifiques sur les changements climatiques demeure un enjeu majeur pour l'efficacité des politiques d'adaptation. À Addis-Abeba, la RDC a notamment plaidé pour que les pays en développement disposent de moyens techniques, financiers et scientifiques leur permettant de contribuer davantage aux évaluations du GIEC et aux décisions qui en découlent.

Daniel Mukubi Kikuni, chef de division chargé des changements climatiques à la Direction du développement durable (DDD), au ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, a présenté les principales revendications défendues par les pays en développement au cours de cette 65e session plénière.

Selon lui, les discussions ont notamment porté sur le programme et le budget du Fonds du GIEC, ainsi que sur le plan de travail du septième cycle d'évaluation scientifique des connaissances sur les changements climatiques.

Pour Daniel Mukubi Kikuni, l'amélioration de la participation des pays en développement aux travaux du GIEC passe d'abord par le renforcement de leurs capacités techniques et scientifiques, accompagné d'un transfert effectif des technologies.

Il plaide également pour un financement permettant de prendre en charge au moins deux personnes par délégation des pays en développement lors des travaux et réunions du Groupe. Cette mesure permettrait, selon les revendications présentées, d'améliorer leur participation aux discussions et aux processus de décision.

L'accès aux données scientifiques constitue un autre enjeu central. Les pays du Sud doivent pouvoir accéder aux informations nécessaires pour comprendre les effets du changement climatique, produire leurs propres analyses et contribuer aux évaluations internationales.

« Nous plaidons pour l'installation de laboratoires et de centres de production et de gestion des données dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique », explique-t-il.

Le responsable congolais insiste également sur la nécessité d'accorder davantage de bourses aux chercheurs des pays en développement spécialisés dans les questions climatiques.

Ces revendications interviennent dans un contexte où les pays africains sont confrontés à des risques climatiques importants, alors que leurs capacités de recherche, leurs infrastructures et leurs ressources financières restent inégalement réparties. Pour le continent, renforcer la production scientifique locale représente un moyen de mieux documenter les vulnérabilités et d'adapter les réponses aux réalités des populations.

Les savoirs des communautés locales au cœur de l'adaptation

Au-delà des moyens scientifiques et financiers, la RDC défend également la reconnaissance des connaissances des peuples autochtones et des communautés locales.

Daniel Mukubi Kikuni estime que ces savoirs jouent un rôle important dans l'adaptation, la résilience et l'atténuation des effets des changements climatiques.

Il demande notamment leur inclusion dans les travaux scientifiques, l'inventaire et la valorisation des connaissances traditionnelles utiles à la lutte contre le changement climatique.

Cette approche vise à mieux articuler les connaissances scientifiques et les expériences acquises par les communautés qui dépendent directement des ressources naturelles. Dans les zones rurales, les populations sont notamment confrontées aux perturbations des saisons agricoles, à la dégradation des terres, aux difficultés d'accès à l'eau et aux conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes.

Pour le responsable congolais, les résultats scientifiques doivent aussi être accessibles au-delà des cercles spécialisés.

Il plaide ainsi pour la publication et la vulgarisation des produits et des résultats du GIEC dans les six langues officielles des Nations unies, afin de faciliter leur diffusion ultérieure dans les langues nationales et locales.

Pour permettre aux décideurs, aux chercheurs, aux organisations de la société civile et aux communautés de mieux comprendre les connaissances scientifiques disponibles et de les utiliser dans les actions d'adaptation.

La question du financement a également occupé une place importante lors de cette session. À l'ouverture des travaux, le président du GIEC avait indiqué que les contributions volontaires reçues pour 2026 représentaient environ un tiers du budget approuvé. Il avait appelé les États membres à accroître leur soutien financier pour garantir la réalisation des activités prévues.

D'après Daniel Mukubi Kikuni, la session s'est achevée sans consensus sur le budget révisé de 2026 et le budget proposé pour 2027. Il précise que plusieurs délégués des pays en développement ont dû quitter la salle avant la fin de la séance de clôture pour prendre leurs vols.

Cette absence de consensus budgétaire constitue un point de blocage important, alors que les pays africains réclament davantage de moyens pour participer pleinement aux travaux scientifiques internationaux.

La 65e session du GIEC s'inscrit dans la préparation du septième rapport d'évaluation, qui doit contribuer à améliorer les connaissances scientifiques sur l'évolution du climat et ses conséquences.

Pour les pays africains, l'enjeu dépasse la seule production de rapports scientifiques. Il concerne aussi la capacité à disposer de données adaptées à leurs territoires, à former des chercheurs, à renforcer les institutions nationales et à traduire les connaissances disponibles en mesures concrètes d'adaptation.

Les revendications portées par la RDC mettent ainsi en avant trois priorités : renforcer les capacités scientifiques africaines, garantir une participation plus équitable aux décisions du GIEC et reconnaître les connaissances des peuples autochtones et des communautés locales.

Vendredi 16 octobre 2026 - 22:11