Par la Rédaction
La Belgique déplore la décision des autorités congolaises d’interdire aux membres du cabinet du président Félix Tshisekedi tout contact avec son ambassade en République démocratique du Congo. Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a exprimé son désaccord après cette mesure, intervenue dans un contexte marqué par des perquisitions judiciaires en Belgique visant des résidences liées à la famille présidentielle congolaise.
« Aucune situation ne justifie l’interdiction des contacts avec l’ambassade de Belgique. Nous sommes contraints d’en prendre acte et la déplorons profondément », a déclaré Maxime Prévot, disant avoir appris cette décision avec surprise. Il espère que cette mesure restera « extrêmement temporaire » et rappelle que d’autres canaux diplomatiques demeurent actifs.
La circulaire interdisant ces contacts a été signée le 15 octobre par Anthony Nkinzo, directeur de cabinet du chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Selon une source à la présidence, cette disposition vise à centraliser les échanges avec la représentation diplomatique belge. Toute démarche de communication doit désormais passer par le ministère congolais des Affaires étrangères.
Cette décision intervient au lendemain de la réception de l’ambassadrice belge en RDC, Roxane de Bilderling, par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Officiellement, les deux responsables ont échangé sur l’état des relations bilatérales. Selon les informations rapportées par la presse à l’origine de cette révélation, cette rencontre serait directement liée aux perquisitions menées en Belgique.
Le 14 octobre, des opérations de perquisition ont été conduites à Bruxelles et dans plusieurs communes des Brabants flamand et wallon dans le cadre d’une instruction judiciaire pour blanchiment, ouverte à la demande du parquet fédéral belge. L’enquête fait suite à des plaintes déposées en juillet 2025 par des organisations non gouvernementales.
Les plaintes, portées notamment par les avocats Bernard Maingain et Hervé Diakiese au nom d’un collectif de plaignants, mettent en cause neuf membres de la famille présidentielle congolaise dans des faits présumés liés aux activités minières et à la sous-traitance dans le Grand Katanga. Les personnes concernées n’ont pas toutes été publiquement identifiées et les accusations restent à établir dans le cadre de la procédure judiciaire.
Pour les plaignants, les perquisitions indiquent que l’instruction progresse. Me Hervé Diakiese souligne que la saisine d’un juge d’instruction témoigne du sérieux avec lequel le dossier est examiné, tout en rappelant la confidentialité des investigations. Le parquet fédéral belge n’a pas souhaité commenter davantage l’affaire.
La réaction de Bruxelles intervient dans un contexte où Kinshasa et Bruxelles entretiennent traditionnellement des relations diplomatiques étroites, notamment autour des enjeux de coopération et de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. La portée de la restriction décidée par la présidence congolaise et son éventuelle durée pourraient désormais peser sur les échanges entre les deux capitales.