Par Denise Kyalwahi
À l'ouverture de la COP17 du CBD, consacrée à la biodiversité, les négociations s'annoncent difficiles. Les États doivent notamment trouver un accord sur le financement de la protection de la nature, la réorientation des subventions néfastes et la lutte contre la déforestation, alors qu'un seul des 23 objectifs mondiaux en matière de biodiversité est actuellement en bonne voie d'être atteint.
La COP17 du Cadre mondial de la biodiversité s'est ouverte dans un contexte marqué par l'urgence écologique et les tensions financières. Les délégations réunies doivent examiner la mise en œuvre des engagements adoptés lors des précédentes conférences et tenter de combler les lacunes relevées dans l'examen mondial de la biodiversité.
Au centre des discussions figure la nécessité de mobiliser 30 milliards de dollars de financements publics annuels d'ici 2030, ainsi que de définir un objectif financier plus large pour soutenir les pays confrontés à la dégradation de leurs écosystèmes.
Le Zimbabwe a rappelé que ces financements ne devaient pas « rester un rêve », tandis que l'Ouganda a insisté sur la difficulté de protéger les ressources naturelles dans des pays où une grande partie de la population demeure pauvre.
Des financements encore insuffisants
Les débats sur l'argent ont dominé les échanges entre dirigeants. L'Indonésie a mis en garde contre toute tentative de remplacer les financements publics par des mécanismes privés, alors que plusieurs pays européens continuent de défendre les crédits de biodiversité.
Ce système reste toutefois controversé. Le marché volontaire des crédits de biodiversité n'aurait généré qu'environ 7 millions de dollars depuis 2022, un montant très éloigné des besoins estimés pour enrayer la perte de biodiversité, tel que décrit dans un courriel reçu par votre média.
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il consacrerait 1,5 milliard de livres sterling à la protection de la nature au cours des trois prochaines années. Cette enveloppe représente cependant environ 100 millions de livres sterling de moins par an que ses engagements précédents.
Douze anciens ministres ayant participé aux négociations sur les objectifs de biodiversité à Montréal ont appelé à associer davantage les ministres des Finances aux discussions. Selon eux, le système économique actuel réduit les marges de manœuvre budgétaires et limite les ressources disponibles pour atteindre les objectifs internationaux.
Des représentants des ministères chargés des finances devraient se réunir au cours de la semaine prochaine. Leur participation pourrait déboucher sur un mandat susceptible de transformer le financement de la biodiversité.
La déforestation reste une menace majeure
La protection des forêts constitue un autre dossier prioritaire de la COP17. Les financements publics destinés aux forêts n'ont atteint en 2025 que 1 % des sommes investies dans une agriculture considérée comme destructrice.
La déforestation mondiale a néanmoins diminué de 15 % en 2025. Au Brésil, elle a reculé de 41,8 % en un an, tandis que le Cerrado a enregistré sa plus forte baisse depuis le début des relevés, en 2001.
La tendance est toutefois différente en Afrique, où les niveaux de déforestation ont augmenté. Les délégations doivent notamment examiner le rôle des mesures commerciales, comme le règlement européen sur la déforestation, ainsi que les moyens de renforcer les droits des peuples autochtones et l'accès aux financements.
Les discussions devraient également porter sur la lutte contre le commerce lié à la destruction des forêts et sur l'adoption de mesures de protection plus claires.