Par Denise Kyalwahi
À quelques jours de l'ouverture de la COP31 à Antalya, en Turquie, les déclarations du ministre turc du Changement climatique, Murat Kurum, relancent le débat sur les priorités financières des grandes puissances. Il estime que les pays riches devraient consacrer davantage de ressources à la lutte contre le changement climatique qu'aux dépenses de défense.
Les investissements dans la lutte contre le changement climatique devraient occuper une place plus importante dans les budgets des pays riches que les dépenses militaires. C'est la position défendue par Murat Kurum, ministre turc du Changement climatique et président désigné de la COP31, lors du sommet préparatoire organisé aux Fidji en octobre dernier.
Dans un entretien accordé au quotidien britannique _The Guardian_, publié le 9 octobre 2026, le responsable turc a estimé que la crise climatique constituait également une menace pour la sécurité mondiale.
« La question climatique est une question de sécurité », a-t-il déclaré, appelant les pays développés à mobiliser des ressources financières bien plus importantes que les 5 % du produit intérieur brut (PIB) que les membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) se sont engagés à consacrer à la défense.
Cette prise de position intervient alors que les pays en développement réclament depuis plusieurs années un soutien financier accru pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Les États les plus vulnérables, notamment les petits pays insulaires, sont particulièrement exposés à la montée du niveau des océans, aux phénomènes météorologiques extrêmes et à la dégradation de leurs écosystèmes.
La sortie des énergies fossiles, un sujet de divergence
Si Murat Kurum plaide pour un renforcement du financement climatique, sa position sur l'abandon progressif des combustibles fossiles reste plus prudente.
Interrogé sur la possibilité de renouveler, lors de la COP31, l'engagement international visant à s'éloigner progressivement du charbon, du pétrole et du gaz, le président désigné du sommet n'a pas clairement soutenu cette démarche.
Il a plutôt affirmé que le monde était « déjà en transition », laissant entendre que la question des combustibles fossiles pourrait être abordée indirectement à travers d'autres mesures.
Cette position pourrait alimenter les discussions à Antalya, alors que la réduction de la dépendance aux énergies fossiles demeure l'un des principaux défis des négociations climatiques internationales.
Le Pacifique au cœur des préparatifs
Les déclarations du ministre turc ont été formulées en marge du sommet préparatoire de la COP31 organisé aux Fidji en octobre. La rencontre a réuni des dirigeants, des ministres, des responsables gouvernementaux et des représentants de la société civile pour préparer les négociations climatiques.
L'Australie, qui assure la présidence des négociations de la COP31 dans le cadre de l'organisation convenue avec la Turquie, avait insisté pour que cette réunion se déroule dans le Pacifique. L'objectif était notamment de donner davantage de visibilité aux préoccupations des États insulaires, particulièrement menacés par les effets du changement climatique.
Alors que la COP31 approche, la question du financement climatique, de la transition énergétique et de la responsabilité des pays développés reste au centre des attentes internationales.
Pour les pays vulnérables, l'enjeu ne sera pas seulement d'obtenir de nouveaux engagements, mais aussi de voir les promesses financières se traduire en ressources accessibles et en actions concrètes sur le terrain.