Par Serge Mavungu
La Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a plaidé lundi 2 novembre à Dar es-Salaam, en Tanzanie, pour une implication réelle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits dans la région des Grands Lacs. Elle s'exprimait à l'ouverture de la Conférence parlementaire des femmes pour la paix et le développement.
Devant les délégations parlementaires, elle a appelé les États à dépasser la simple représentation féminine dans les institutions pour garantir aux femmes une véritable influence dans les décisions politiques et sécuritaires.
« Notre ambition doit donc être claire : passer de la représentation à l’influence. Et passer de l’influence aux résultats », a-t-elle déclaré.
Cette rencontre, organisée vingt ans après la signature du Pacte de Nairobi sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région, doit permettre de transformer les engagements en actions concrètes.
L'agression rwandaise dénoncée
Abordant la situation dans l'Est de la RDC, Judith Suminwa a dénoncé les violences attribuées à l'armée rwandaise et à ses supplétifs, particulièrement leurs conséquences sur les femmes et les jeunes filles, confrontées aux déplacements forcés, aux violences et à la perte de leurs proches.
Elle a rendu hommage à leur résilience, tout en soulignant qu'elles ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes, mais aussi comme des actrices essentielles de la recherche de la paix.
La Première ministre a rappelé que toute solution durable devait reposer sur le respect de la souveraineté des États, la protection des populations civiles et la participation effective des femmes aux processus de médiation et de reconstruction.
Les parlementaires invités à agir
Sur le plan national, la cheffe du gouvernement a réaffirmé l'engagement de la RDC en faveur des droits des femmes, conformément à l'article 14 de la Constitution et à la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en matière de masculinité positive.
Elle a cependant insisté sur la nécessité de traduire les dispositions légales en résultats concrets, notamment par des moyens financiers et des politiques publiques adaptées.
S'adressant aux parlementaires, elle les a invités à utiliser leurs prérogatives pour lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre, soutenir l'éducation des filles et renforcer l'autonomie économique des femmes.
« Par la loi, vous pouvez combattre les discriminations et les violences. Par le budget, vous pouvez soutenir l'éducation des filles, la santé, l'autonomie économique des femmes et l'aide aux personnes déplacées », a-t-elle insisté.
Elle a souhaité que les travaux de Dar es-Salaam débouchent sur des engagements précis et des mécanismes de suivi.
« Ensemble, faisons de la paix une réalité vécue, et non une promesse répétée », a-t-elle conclu.
Pour sa part, le président en exercice du Forum parlementaire de la CIRGL, l'Angolais Adão Francisco Correia de Almeida, a appelé à privilégier le dialogue et la diplomatie pour parvenir à des solutions durables aux conflits régionaux.
Ouvrant officiellement la conférence au nom de la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, le vice-président Deogratius John Ndejembi a, quant à lui, insisté sur le leadership féminin et la nécessité de renforcer la coopération entre les États pour consolider la paix et le développement dans les Grands Lacs.