Justice transitionnelle au Kasaï: le ministre des Droits humains Puela a échangé avec des experts de l'ONU

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Le ministre des Droits humains, Fabrice Puela lors d'un échange avec les experts de l'ONU
Le ministre des Droits humains, Fabrice Puela lors d'un échange avec les experts de l'ONU

Par Gabin K.

La justice transitionnelle dans le Kasaï en vue de réparer, réconcilier et d'éviter la répétition des faits de violence provoqués par le phénomène Kawina Nsapu. Tel a été le sujet au centre des échanges, jeudi 2 décembre 2021, entre le ministre des Droits humains Albert Fabrice Puela et un groupe d'experts des Nations Unies, conduit par Bacre Waly Ndiaye. Ensemble, ils ont passé en revue la situation et défini les priorités pour le nouveau mandat accordé à ces experts en vue de conduire les opérations de justice transitionnelle dans l'espace Kasaï.

Dans le cadre de ce nouveau mandat, a renseigné Bacre Waly Ndiaye, les experts en Droits humains de l'ONU vont se pencher sur le jugement "des cas les plus graves", le "soulagement et réparation" à apporter aux victimes, ainsi que sur la "réconciliation des populations qui se sont affrontées" pour ainsi "trouver les moyens de faire en sorte que ce qui s'est passé, ne se répète plus".

"Notre mandat nous permet d'accompagner le gouvernement congolais dans sa responsabilité nationale de faire en sorte que la protection soit assurée à tous les Congolais et que la justice de transition soit une réalité bénéfique pour toutes les populations du Congo", a expliqué le président de la délégation des experts de l'ONU reçue hier jeudi par le ministre Albert Fabrice Puela, faisant ainsi comprendre que l'expérience au Kasaï va "aider toute la nation". Ce, dans le sens où ils envisagent "apporter notre contribution dans d'autres provinces".

"Avec le mandat actuel, nous pouvons aussi aller ailleurs notamment à Goma et à Bukavu mais aussi dans d'autres provinces pour que la commission interministérielle mise en place puisse travailler pour cette justice de transition dans le pays", a expliqué Bacre Waly Ndiaye, avant que Marie-Thérèse Keita Bocoum, experte de l'ONU en matière des Droits humains, membre de la délégation, n'explique, avec forces détails, ce qu'est la justice transitionnelle.

Il s'agit d'un "mécanisme qui permet de combler des lacunes de la justice. Celle-ci n'a pas été performante parce qu'il y a eu la crise, l'impunité, beaucoup d'abus. Ce mécanisme permet de trouver des solutions même transitoire pour régler des problèmes d'impunité, de réconciliation, de réparation, à travers aussi la réforme du secteur de sécurité", a fait savoir Keita Bocoum. Et de souligner: "le plus important, c'est d'établir les garanties de non répétition des crises et des conflits, donc des garanties pour apporter la paix. Non une paix qui fait taire les armes seulement, mais une paix qui enlève les raisons au jeu de prendre les armes, qui soigne les filles qui ont subi des sévices, qui s'adresse aux victimes pour lutter contre les griefs, pour construire ensemble une nation".