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RDC : le ministère de la Justice ordonne l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les propos menaçants attribués à Fils Mukoko

mer 21/10/2026 - 19:15
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Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa
Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa

Par Gloire Balolage

Le ministère de la Justice de la République démocratique du Congo annonce l'ouverture d'une enquête judiciaire à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo attribuée à Fils Mukoko, cadre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-Tshisekedi). Dans un communiqué rendu public, ce mercredi 21 octobre 2026, le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, indique avoir enjoint au procureur général près la Cour de cassation d'examiner cette affaire, marquée par des propos faisant état de menaces contre des ressortissants occidentaux présents en RDC.

Selon le communiqué du ministère, les déclarations attribuées à Fils Mukoko évoqueraient notamment une intention de distribuer des armes dans plusieurs lieux publics, parmi lesquels des terrains de football, des églises et des universités. La vidéo fait également état de menaces visant des ressortissants occidentaux présents sur le territoire congolais. Face à la gravité de ces allégations, le ministère estime nécessaire que les faits soient examinés avec diligence par les autorités judiciaires compétentes.

Dans sa communication, Guillaume Ngefa rappelle que la liberté d'expression, garantie par la Constitution congolaise, ne peut servir de justification à des menaces, à des actes d'intimidation ou à des comportements susceptibles de mettre en danger la vie d'autrui. Il souligne que, dans un État de droit, des accusations de cette nature doivent être vérifiées par la justice, dans le respect des lois en vigueur et des droits de chaque personne concernée.

Cette démarche judiciaire intervient après la réaction du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), qui a décidé, le même mercredi, de suspendre Fils Mukoko de toute intervention dans les médias pendant 80 jours. Le régulateur a également demandé à l'intéressé de se présenter dans les meilleurs délais devant ses services afin de répondre aux préoccupations soulevées par ses déclarations.

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a condamné fermement les propos attribués à Fils Mukoko, les qualifiant d'« horreur absolue ». Dans une publication sur son compte X, il a précisé que ces déclarations n'engagent ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République. Il a également indiqué que les services compétents, notamment le CSAC et l'Hôtel de ville de Kinshasa, avaient été saisis pour tirer les conséquences de ces propos.

Patrick Muyaya a par ailleurs assuré que toutes les dispositions nécessaires étaient prises pour garantir la sécurité des missions diplomatiques et de leurs personnels, ainsi que l'inviolabilité de leurs sièges. Il a aussi mis en garde contre les discours incitant à la violence ou stigmatisant les partenaires occidentaux, estimant qu'ils risquent de compromettre les efforts du président de la République, du gouvernement et des partenaires internationaux, dont la Belgique, en faveur du retour de la paix dans les territoires congolais sous occupation.

Le ministère de la Justice réaffirme enfin la détermination du gouvernement à assurer la sécurité des personnes et des biens, à préserver l'ordre public et à garantir le respect de la légalité. L'ouverture de cette enquête doit permettre aux autorités judiciaires compétentes d'examiner les faits rapportés et d'en tirer les conséquences conformément à la loi.

Mercredi 21 octobre 2026 - 19:15