Par Patrick Kitoko
Le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, a décidé de suspendre provisoirement l'admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, sauf dérogation dûment justifiée. Cette mesure, annoncée dans un communiqué du ministère publié le 21 octobre 2026, vise à faire face à la surpopulation carcérale qui atteint un niveau préoccupant dans cet établissement pénitentiaire.
Selon le ministère de la Justice, la prison centrale de Makala, initialement construite pour accueillir 1 500 personnes, héberge actuellement 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi. Un chiffre qui illustre l'ampleur de la pression exercée sur les infrastructures carcérales.
La suspension a été décidée par une circulaire portant le numéro 004/CAB/ME/MIM/J&GS/2026 du 21 octobre 2026. Présentée comme une mesure exceptionnelle, conservatoire et provisoire, elle répond à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires.
À travers cette décision, le ministère entend notamment prévenir la dégradation des conditions de détention et préserver la sécurité ainsi que la dignité des personnes privées de liberté.
Le gouvernement affirme agir conformément à la loi n° 23/028 du 15 juin 2023, qui fixe les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire en République démocratique du Congo. Il réitère également son engagement à poursuivre le désengorgement des établissements pénitentiaires, à améliorer les conditions de détention et à garantir le respect des droits fondamentaux des détenus.
Toutefois, le communiqué ne précise ni la durée de cette suspension ni les modalités pratiques de sa mise en œuvre. Reste également à savoir dans quelle mesure cette mesure contribuera à réduire durablement la surpopulation de Makala, alors que l'établissement accueille plus de dix fois sa capacité initiale.