Par Serge Mavungu
Ça fait plus de 20 ans que la RDC vit des interminables agressions particulièrement dans sa partie Est, avec des rébellions téléguidées par ses voisins directs, créant ainsi des traites parmi les Congolais
C'est dans cette optique que Fidèle Ayu Lumeya Enseignant -chercheur au centre Universitaire de Missiologie, (CUM) et expert en Transformation des Conflits à travers sa tribune réfléchit sur la concept " vendeurs de la nation"
" Je ne peux me faire tuer que si la nation pour laquelle je dois mourir existe mais malheureusement, le Congo est vendue par les vendeurs de la nation et après l'avoir vendue, les vendeurs nous demandent de défendre quelques choses qui n'existent plus? ".
C'est en ses termes que, le commandant Mali, commandants des armes lourdes postaient au camp Saïo à Bukavu dans la province du Sud Kivu m'expliquait la raison pour laquelle une centaine de ses militaires ont deserté le camp et ne voulaient plus aller servir la nation jusqu'au sacrifice suprême comme l'exige leurs serments.
Comme plusieurs armées au monde, la nation Congolaise exige que ses femmes et hommes qui entrent dans l'armée prêtent serment dans lequel ils sacrifient leur sang pour la nation Congolaise: " Notre sang pour la nation" disent ils/elles.
Je ne connaissais pas le commandant Mali mais son frère à Kinshasa m'a écrit et m'a recommandé de le chercher à Bukavu où il venait d'arriver avec 3000 autres hommes de troupes avec armes mais sans munitions.
La hierarchie militaire à Kinshasa les a promi les munitions à Bukavu dès leur arrivée. Trois mois après les auto blindés du commandant Mali était comme des coquilles vides. Jusqu'à sa mort rien de telle n'est venu.
Il était 20heures ce soir là, à Bukavu sur la colline qui plombait la ville. L'electrité jusque-là n'était même pas au rendez vous ous. Il faisait très sombre. "je ne m'attends même qu'ellle viendra à moins que le commandant suprême ne vienne dans la ville, me disait le commandant Mali. Au Congo, l'electrité c'est à dire, la lumière dans la ville annonce la présence du commandant suprême des armées, le chef de l'État ou d'une autorite " morale" c'est à dire, le/la fondateur/trice du parti politique .
Le Commandant Mali, lui, était envoyé de Kinshasa en 98 pour défendre la cité de Bukavu tombée entre les mains de la coalition des armées du Burundi, Rwanda et des rebelles Congolais plaçaient sous le commandement militaire Rwandais.
Malheureusement, deux jours après, le camp Saïo fut pris et le commandant Mali lui, refusa de se rendre à l'ennemi, donna de son sang pour la Nation. Il s'était donné une balle à la tête et tomba à coté de l'auto blindée sans munitions que Mali avait decidé de protéger malgré que vide.
Cette nuit avant sa mort le commandant Mali avait été demandé par sa hierarchie de quitter le poste car le lui a-t-on fait savoir "la ville est vendue". Par qui? voulait savoir le commandant Mali? Par ses vendeurs, repondu la voix de l'autre bout du talkie walkie.
"Vendre la nation" est une expression commune au Congo qui signifie l'absence de l'autorité de l'État.
Les militaires Congolais ne questionnent leur dedication à l'armée, mais plutôt la notion même de l'état-nation, sa gouvernance, sa transparence, son sens de redévabilité, ses obligations, ses responsabilités en rapport à la sécurité, sûreté de ses citoyens, sa stabilité pour que sa paix soit durable et qu'enfin vienne son dévellopement. Sans la Paix, il n y a pas devellopement et sans dévellopement aucune paix n'est possible dit on.
Il y a plus de 20 ans que les rebellions se créent, vivent, meurent, resuscitent et ainsi de suite. Les jeunes gens filles comme garçons surtout ceux originaires du grand nord Congolais à savoir les provinces du Sud et Nord Kivu, Ituri etc...ne connaissent que la violence comme mode de vie. La paix ils entendent parler mais ne l'ont jamais vécue. S' ils ne sont pas entrain de se battre, parceque forcés pour certains, pour d'autres ils sont constament entrain soit d'être des deplacés internes ou des refugiés ou ont donné de leur sang tout simplement pour que la nation ne soit plus vendue par les vendeurs de la nation.