Ebola Bundibugyo : la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud adoptent une stratégie commune de riposte face au risque de propagation régionale

Catégorie
Image
Une femme pleure un mort du virus Ebola, à Hoho, en Ituri, le 21 mai 2026. REUTERS - Gradel Muyisa Mumbere
Une femme pleure un mort du virus Ebola, à Hoho, en Ituri, le 21 mai 2026. REUTERS - Gradel Muyisa Mumbere

Par Prosper Buhuru

Les ministres de la Santé de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont adopté, ce samedi 23 mai 2026 à Kampala, une série d’engagements visant à renforcer la coordination régionale face à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui touche plusieurs zones de la région des Grands Lacs.

Réunis dans le cadre d’une réunion ministérielle de haut niveau organisée sous l’égide d’Africa CDC et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les participants ont insisté sur la nécessité d’une réponse régionale coordonnée pour limiter la propagation de la maladie à virus Ebola.

Dans leur communiqué final, les délégations ont exprimé leur préoccupation face à l’évolution de l’épidémie, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en RDC, ainsi qu’aux risques liés à la porosité des frontières, aux mouvements transfrontaliers des populations et aux activités commerciales et minières dans les zones affectées.

Les représentants des trois pays ont reconnu que l’épidémie constitue une menace majeure de santé publique avec des conséquences sanitaires, humanitaires, sociales et économiques importantes pour la région.

Au terme des travaux, plusieurs engagements ont été pris pour renforcer la surveillance transfrontalière et les systèmes d’alerte précoce. Les États participants se sont notamment accordés sur le partage en temps réel des informations sanitaires, la recherche conjointe des contacts, le suivi des cas suspects ainsi que l’harmonisation des mécanismes de coordination aux frontières.

Les ministres ont également convenu de renforcer les dispositifs sanitaires dans les points d’entrée officiels et non officiels afin d’améliorer le dépistage des voyageurs, la gestion des alertes et la surveillance des mouvements de populations dans les corridors à risque.

La protection des agents de santé de première ligne et des communautés vulnérables figure également parmi les priorités retenues. Les participants ont appelé à renforcer les capacités des laboratoires, le transport des échantillons, le séquençage génomique et les systèmes de diagnostic rapide afin de permettre une confirmation efficace des cas.

Les autorités sanitaires ont en outre insisté sur l’importance de la communication des risques et de l’engagement communautaire dans la riposte. Le communiqué souligne le rôle des leaders communautaires, des médias, des jeunes, des femmes et des structures locales dans la lutte contre les rumeurs, la désinformation et l’infodémie autour d’Ebola.

Les États membres ont aussi plaidé pour une mobilisation urgente des partenaires techniques et financiers afin de soutenir les plans nationaux de préparation et de riposte, notamment dans les domaines de la surveillance, de la prévention et du contrôle des infections, ainsi que du renforcement des ressources humaines.

À travers cette rencontre, les pays participants ont réaffirmé leur volonté de maintenir un leadership politique de haut niveau et une solidarité régionale pour contenir l’épidémie et préserver la stabilité sanitaire et socio-économique de la région.

La réunion ministérielle de Kampala a été organisée avec l’appui de l’OMS, de l’UNICEF, du FNUAP ainsi que de plusieurs partenaires techniques et humanitaires engagés dans la lutte contre Ebola en Afrique de l’Est et centrale.

Samedi 23 mai 2026 - 18:19