Par Grevisse Tekilazaya
Les députés nationaux du caucus de Beni ont sollicité l'implication du président de la chambre basse du Parlement, Vital Kamerhe, pour la protection du Parc de Virunga. Ils l'ont fait savoir au cours de leur échange, jeudi 02 avril, avec le speaker de l'Assemblée nationale.
Cette sollicitation fait notamment suite aux tensions croissantes entre l'ICCN -Institut Congolais pour la Conservation de la Nature-, les populations locales et les Forces Armées dans les zones protégées du Parc national de Virunga.
"Ce problème avait déjà été soulevé lors de la législature de 2011, mettant en évidence les difficultés de cohabitation. Nous demandons au président Vital Kamerhe d'examiner les archives et les processus antérieurs. Il ne manquait qu'un décret du Première ministre, pour finaliser les efforts de démarcation initiés auparavant", a fait remarquer l'un des interlocuteurs de Vital Kamerhe.
Ces élus nationaux ont, en outre, souligné que l'occupation du parc par les rebelles des ADF complique encore la situation. Selon eux, si le retrait des groupes armés de certaines zones a permis à l'ICCN de reprendre le contrôle, cela n'a pas, pour autant, résolu le problème de fond.
Ces parlementaires insistent sur la nécessité d'une cartographie précise des zones protégées, afin d'éviter des nouveaux conflits fonciers.
"Nous voulons une solution applicable sur le terrain, qui respecte la loi sur la conservation de la nature, tout en prenant en compte les droits des populations", a déclaré le député national Arsène Muaka.
De son côté, le président de l'Assemblée nationale, le professeur Vital Kamerhe, s'est montré réceptif aux préoccupations soulevées. Il a souligné l'importance du Parc National de Virunga en tant que patrimoine national, et appelé à une protection efficace de cette richesse naturelle, tout en respectant les droits des populations locales.
Le Parc National de Virunga est confronté à des occupations illégales, engendrant des tensions entre les agents de l'ICCN et les habitants. Certains accusent l'institution de destruction arbitraire des cultures, tandis que d'autres dénoncent l'exploitation incontrôlée des ressources naturelles, notamment la coupe d'arbres et le braconnage.
Ils ont, enfin, demandé l'intervention du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour préserver l'intégrité du parc, tout en tenant compte des réalités locales. Ils réclament également de rencontrer le directeur général de l'ICCN et d'avoir une concertation avec le ministère des Affaires Foncières, les conservateurs ainsi que les experts en gestion des parcs.