Par Serge Mavungu
En participant au AIM -Annual Investment Meeting Congress- 2025 à Abu Dhabi, la RDC -République démocratique du Congo- a envoyé un message fort : celui de rompre progressivement avec la dépendance au secteur minier et de construire une économie plus équilibrée. Sous la conduite de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, la délégation congolaise a présenté une stratégie multisectorielle articulée autour d’investissements ciblés et de réformes structurelles ambitieuses.
Infrastructures, énergie et numérique : tels sont les trois secteurs désignés comme moteurs de la transformation économique. L’État mise sur des projets concrets comme la modernisation de la RN1 Kinshasa-Matadi, la construction de 10.000 logements sociaux, ou encore l’extension du barrage de Busanga. En parallèle, le plan “RDC Digital 2030” veut stimuler l’économie numérique, en s’appuyant sur la 4G/5G et le soutien aux jeunes entreprises technologiques.

La diversification passe aussi par la confiance. Le gouvernement congolais met en avant la simplification des procédures administratives, dont l’enregistrement des entreprises désormais possible en 72 heures. Le nouveau Code des investissements introduit des avantages fiscaux, pour les projets en dehors du secteur minier. L'objectif est clair : attirer davantage des capitaux vers les secteurs agricoles, industriels et technologiques.
La RDC multiplie les ouvertures diplomatiques à visée économique. Avec les Émirats Arabes Unis, un accord est en cours pour financer des centrales solaires dans le Kasaï et le Katanga. La Société Financière Internationale prépare, quant à elle, un appui de 200 millions de dollars pour l’inclusion financière. Et d'autres partenariats sont en discussion avec l’Asie, pour le développement de corridors logistiques.

Le ralentissement anticipé du secteur minier –de 12,5 % à 7,1 % de croissance entre 2024 et 2025– justifie, selon Kinshasa, l’urgence de cette diversification. Le Gouvernement vise unecroissance hors mines de 6,6 % d’ici 2029, à condition de mobiliser au moins 15 milliards USD d’investissements privés dans les secteurs ciblés.
La délégation congolaise poursuit les échanges bilatéraux tout au long du Sommet, notamment avec des institutions financières et des groupes industriels. Des ateliers thématiques sur l’agriculture, les infrastructures résilientes et l’énergie sont prévus avec la Banque mondiale et d’autres partenaires.
Au-delà des annonces, les autorités congolaises insistent sur la volonté politique de faire aboutir cette transformation. La Première ministre Judith Suminwa a plaidé pour une RDC "connectée à l’innovation, résiliente face aux défis climatiques, et attractive pour les investisseurs prêts à accompagner sa mutation structurelle."