Breaking News

Présence présumée d’uranium dans les minerais congolais : Kinshasa refuse toute conclusion sans preuves scientifiques

Catégorie
Image
La ministre de l’ESURSI, Marie-Thérèse Sombo, lors des travaux du Conseil national de sécurité nucléaire [photo d'illustration]
La ministre de l’ESURSI, Marie-Thérèse Sombo, lors des travaux du Conseil national de sécurité nucléaire [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

Alors que la République démocratique du Congo renforce son attention sur la valorisation et le contrôle de ses minerais stratégiques, le Gouvernement veut éviter toute conclusion précipitée concernant la présence présumée d’uranium dans certains produits issus de la chaîne polymétallique congolaise.

Lors des travaux du Conseil national de sécurité nucléaire, la ministre de l’Enseignement supérieur, Universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo, a appelé à établir les faits sur la base de données scientifiques vérifiables, plutôt que de s’appuyer uniquement sur les informations relayées par la presse internationale.

Cette prudence intervient dans un contexte particulier pour la RDC, marqué par une attention croissante portée à ses ressources stratégiques, notamment le cobalt, le cuivre et le lithium, dont la chaîne de valeur constitue désormais un enjeu économique et géopolitique majeur.

Les récentes discussions autour de la transformation locale des minerais et du contrôle de leur chaîne d’approvisionnement renforcent, dans ce contexte, la nécessité pour Kinshasa de disposer d’informations précises sur la composition et la circulation des différents produits miniers.

La ministre a ainsi refusé de prendre position sur les informations faisant état d’une possible présence d’uranium dans certains produits de la chaîne polymétallique.

« Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour confirmer ce qui a été publié dans la presse, ni pour les réfuter par principe », a-t-elle déclaré, privilégiant une démarche consistant à « comprendre, vérifier et confronter les différentes informations disponibles ».

Pour le Gouvernement, l’enjeu dépasse la seule question de la présence éventuelle d’uranium. Il touche également au contrôle des matières nucléaires, à la sécurité des populations, à la protection de l’environnement et à la souveraineté de la RDC sur ses ressources stratégiques.

Les travaux du Conseil national de sécurité nucléaire doivent notamment permettre d’évaluer les mécanismes nationaux de surveillance, d’identifier leurs éventuelles failles et de proposer, si nécessaire, des mesures correctives.

Cette démarche intervient alors que la RDC cherche parallèlement à mieux maîtriser ses chaînes de valeur minières et à accroître la transformation locale de ses ressources. Dans ce contexte, l’identification scientifique de la composition des minerais et sous-produits devient un enjeu aussi bien économique que sécuritaire et environnemental.

Kinshasa entend ainsi privilégier l’expertise scientifique et l’établissement documenté des faits avant toute décision ou prise de position officielle concernant les éventuelles quantités d’uranium présentes dans la chaîne polymétallique congolaise et leur circulation hors du territoire national.

Samedi 8 août 2026 - 10:38