Rumba congolaise : Judith Suminwa échange avec les grandes figures de la musique sur la préservation et la transmission du patrimoine culturel

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Photo d'illustration
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Par Serge Mavungu

La sauvegarde et la transmission de la rumba congolaise étaient au cœur de la rencontre entre la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka et plusieurs figures emblématiques de cette musique, reçues jeudi à la Primature. La délégation des vétérans de la rumba était conduite par la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe, et Serge Kayembe, promoteur du Festival international des étoiles (FIET).

Les échanges ont notamment porté sur l’organisation du gala « Nuit des Légendes de la Rumba, patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO », prévu ce 8 août à Kinshasa. À travers cette manifestation, les organisateurs entendent rendre hommage aux pionniers de la musique congolaise, mais également contribuer à la transmission de cet héritage culturel auprès des nouvelles générations.

Au-delà de l’aspect festif, cette initiative place ainsi la question de la transmission culturelle au centre des préoccupations, dans un contexte où la jeunesse congolaise est en quête de repères et d’identité. La rencontre avec la Cheffe du Gouvernement traduit également la volonté des organisateurs d’obtenir un accompagnement institutionnel pour les initiatives destinées à promouvoir la culture congolaise.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la 16ᵉ édition du Festival international des étoiles, qui célèbre cette année ses 22 ans d’existence. Les représentants du secteur culturel ont présenté à la Première Ministre les principales orientations de cette édition, les perspectives de collaboration avec les pouvoirs publics ainsi que plusieurs préoccupations auxquelles les artistes restent confrontés.

Parmi ces préoccupations figure notamment la question des droits d’auteur, considérée comme l’un des principaux enjeux pour assurer une meilleure protection des créateurs, mais aussi pour garantir une juste valorisation de leurs œuvres et de leur contribution au patrimoine culturel national.

À l’issue de l’audience, Serge Kayembe a expliqué que la démarche auprès de la Première Ministre visait essentiellement à obtenir l’accompagnement institutionnel du Gouvernement pour un événement destiné à renforcer le rayonnement de la rumba congolaise. Une musique qui, rappelle-t-il, est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO grâce à l’apport de nombreuses figures de la musique congolaise.

Pour cette édition, plusieurs artistes de la diaspora ont également été invités à prendre part aux activités. Leur présence vise à mettre en lumière la contribution de ces musiciens à la diffusion et à la reconnaissance internationale de la rumba congolaise.

« Nous avons fait venir une dizaine d'artistes de la diaspora, de véritables virtuoses de la musique congolaise. Ils ont largement contribué à faire reconnaître la rumba comme patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Nous souhaitions présenter cette initiative à Son Excellence et lui exprimer notre souhait de voir ce festival bénéficier d'un accompagnement institutionnel de l'État », a déclaré Serge Kayembe.

Le promoteur du FIET a également annoncé la poursuite de cette dynamique au-delà de Kinshasa. La 16ᵉ édition du festival se poursuivra ainsi à Paris, du 27 au 29 novembre prochain, avec pour ambition de faire connaître davantage la richesse et la diversité de la rumba congolaise auprès du public international.

La rencontre à la Primature ne s’est toutefois pas limitée à la présentation du programme du festival. Elle a également offert aux artistes l’occasion de faire entendre directement leurs préoccupations à la Cheffe du Gouvernement et d’évoquer les difficultés qui affectent leur carrière et l’exercice de leur métier.

Selon Serge Kayembe, Judith Suminwa Tuluka a accordé une attention particulière aux préoccupations exprimées par les artistes. La Première Ministre leur aurait notamment présenté les grandes orientations du Gouvernement pour renforcer et structurer davantage le secteur culturel.

« Elle a tenu à écouter les artistes afin qu'ils puissent exprimer leurs préoccupations. Elle leur a présenté des pistes de solution ainsi que la vision du Gouvernement pour répondre aux défis liés aux droits d'auteur, à l'avenir de la musique, au développement de la culture et à la carrière des artistes », a-t-il souligné.

Cette orientation trouve également un prolongement dans le Programme d'Actions du Gouvernement Suminwa (PAG). À travers son quatrième pilier, celui-ci prévoit notamment un soutien au secteur culturel, à travers des réformes structurelles et des politiques destinées à mieux valoriser le patrimoine artistique et culturel de la République démocratique du Congo.

Plusieurs grandes figures de la rumba congolaise ont pris part à cette rencontre avec la Première Ministre. Parmi elles figuraient notamment le doyen Jeannot Bombenga, Gina Ifonge, Bozi Boziana, Lita Bembo, Mbilia Bel, Faya Tess, Papy Tex, Souzy Kaseya, Djuna Mumbafu et Godé Lofombo Bass, aux côtés de plusieurs autres artistes et acteurs de la musique congolaise.

La présence de ces différentes générations d’artistes illustre la volonté de préserver la mémoire de la rumba congolaise et d’assurer la transmission de son héritage aux générations futures. Pour les autorités comme pour les acteurs du secteur, cette musique constitue désormais bien plus qu’un patrimoine artistique : elle représente également un instrument de rayonnement de la République démocratique du Congo.

À travers ces figures historiques de la rumba, considérées comme les gardiennes d’un patrimoine reconnu par l’UNESCO, la RDC entend ainsi continuer à s’appuyer sur sa richesse culturelle pour renforcer son soft power et faire de la rumba un levier de rayonnement culturel, diplomatique et identitaire sur la scène internationale.

Samedi 8 août 2026 - 09:48