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Culture : Yolande Elebe mise sur le soft power pour renforcer le rayonnement de la RDC

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Yolande Elebe, ministre de la Culture, Arts et Patrimoine
Yolande Elebe, ministre de la Culture, Arts et Patrimoine

Par Serge Mavungu

Une année après la mise en place du Gouvernement Suminwa II, le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine revendique plusieurs avancées dans la structuration du secteur culturel et la valorisation du patrimoine congolais. Sous la conduite de Yolande Elebe ma Ndembo, l’action du ministère s’est notamment articulée autour de la mise en place d’un cadre de politique culturelle, de la protection du patrimoine et du renforcement de la présence de la République démocratique du Congo sur les grandes scènes culturelles internationales.

Cette orientation s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend faire de la culture un instrument de cohésion nationale, mais également un levier d’influence et d’attractivité pour le pays. Cette démarche est menée en complémentarité avec les initiatives du ministère des Sports et Loisirs.

Une première politique culturelle nationale

L’une des principales avancées mises en avant au cours de cette première année est l’adoption de la toute première Politique culturelle nationale de la RDC. Ce document constitue un cadre de référence destiné à mieux organiser et structurer un secteur longtemps confronté à des difficultés institutionnelles et organisationnelles.

Cette politique ouvre notamment la voie à la mise en œuvre du Statut de l’artiste, présenté comme un instrument destiné à mieux encadrer et accompagner les professionnels de la culture.

Parallèlement, le ministère poursuit l’identification des artistes à travers les différentes provinces du pays. L’objectif est de disposer d’une meilleure connaissance du paysage culturel national afin d’adapter les politiques publiques et de planifier les infrastructures nécessaires, parmi lesquelles figurent les Maisons de la culture envisagées dans les provinces.

Patrimoine : préserver les symboles de l’identité congolaise

La protection et la transmission du patrimoine occupent également une place importante dans les actions menées par le ministère.

Dans ce cadre, un arrêté a été adopté pour assurer la protection du tissu Kuba, considéré comme l’un des éléments emblématiques du patrimoine culturel congolais. Le ministère a également procédé à la création du Centre national du cinéma, avec pour ambition d’accompagner la structuration et le développement de l’industrie cinématographique nationale.

La valorisation de la mémoire culturelle s’est aussi matérialisée par l’ouverture du Musée de la Rumba congolaise, installé dans l’ancienne résidence de l’icône de la musique congolaise Papa Wemba.

Ce lieu de mémoire doit contribuer à la conservation des traces de l’histoire de la rumba congolaise. Des objets et archives confiés progressivement par différents artistes viennent ainsi enrichir ses collections. La rumba congolaise est, pour rappel, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La diplomatie culturelle comme outil d’influence

Au-delà des réformes internes, le ministère entend utiliser la culture pour renforcer la visibilité de la RDC à l’étranger.

La nouvelle Politique culturelle nationale a notamment été présentée lors de Mondiacult Afrique, où elle a suscité un accueil favorable. Dans le même temps, Kinshasa a relancé les démarches liées au Centre international des civilisations bantoues (CICIBA).

La RDC cherche également à accroître sa participation aux grands rendez-vous artistiques internationaux. Le pays est notamment présent à la Biennale de Venise à travers un pavillon dédié aux artistes plasticiens congolais. Il a également été désigné pays d’honneur à la Biennale de Dakar.

Pour le ministère, ces différentes plateformes constituent des opportunités de mettre davantage en avant les créateurs congolais et de renforcer la visibilité internationale de la production artistique nationale.

Culture et sport pour porter l’image du pays

La stratégie de rayonnement ne repose pas uniquement sur les activités culturelles. Elle s’appuie également sur une collaboration avec le ministère des Sports et Loisirs, dans une logique visant à associer les performances sportives au potentiel créatif et artistique du pays.

Les distinctions honorifiques annoncées en faveur de plusieurs grandes figures congolaises de la musique, des arts et du sport s’inscrivent dans cette dynamique. Ces personnalités sont appelées à jouer un rôle d’ambassadeurs de l’image de la RDC sur les scènes africaine et internationale.

Le Gouvernement entend ainsi faire de la culture et du sport des instruments complémentaires de diplomatie d’influence, tout en renforçant la cohésion nationale et l’attractivité du pays.

Vers une véritable économie culturelle

L’ambition affichée par le ministère dépasse toutefois la seule promotion des artistes et du patrimoine. Il s’agit également de faire des industries culturelles et créatives un secteur capable de contribuer à la croissance économique du pays.

Dans cette perspective, le ministère travaille à la professionnalisation et à la formalisation des acteurs culturels, ainsi qu’à l’amélioration de leur accès aux marchés.

Une réforme de la législation sur les droits d’auteur est également envisagée afin de l’adapter aux transformations liées au numérique et de la rapprocher des standards internationaux.

Après une année de gouvernance, l’orientation défendue par Yolande Elebe ma Ndembo apparaît ainsi articulée autour de trois priorités : structurer le secteur culturel, préserver le patrimoine et accroître la présence de la création congolaise à l’international.

À travers cette stratégie, le Gouvernement entend faire de la culture un levier d’identité, de développement économique et de diplomatie, au service du rayonnement de la République démocratique du Congo.

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Lundi 7 septembre 2026 - 08:32