Par Prosper Buhuru
Le ministère des Finances met en avant plusieurs réformes engagées dans le secteur financier congolais, présentées comme des leviers destinés à moderniser l’économie de la République démocratique du Congo et à renforcer sa capacité à mobiliser durablement des ressources pour son développement.
Dans une communication du cabinet du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, plusieurs chantiers sont notamment cités : l’Eurobond, le développement des marchés boursiers, la réforme fiscale des conventions de collaboration ainsi que la modernisation du système financier.
Selon cette communication, ces différentes initiatives s’inscrivent dans une volonté de doter la RDC d’instruments financiers adaptés aux exigences d’une économie moderne et compétitive. Le ministère présente ainsi ces réformes comme une traduction, dans le secteur financier, de la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi en matière de transformation économique.
L’Eurobond figure parmi les principaux dossiers mis en avant. Son recours permettrait à la RDC d’accéder aux marchés financiers internationaux afin de mobiliser des ressources, sous réserve naturellement des conditions d’émission, du coût de l’endettement et de la capacité du pays à assurer le remboursement des engagements contractés.
Le développement des marchés boursiers constitue un autre axe évoqué par le ministère. L’objectif affiché est de contribuer à élargir les instruments de financement disponibles pour l’économie congolaise et de favoriser un système financier davantage diversifié.
La réforme fiscale des conventions de collaboration est également présentée comme un chantier important. Elle vise, selon le cabinet du ministre, à faire évoluer le cadre fiscal applicable à certains mécanismes de collaboration afin d’améliorer la mobilisation des recettes et l’efficacité du système fiscal.
À travers ces différents chantiers, le ministère des Finances entend ainsi inscrire son action dans une dynamique de transformation structurelle plutôt que dans une logique limitée à la gestion courante des finances publiques.
« Il est temps de regarder les faits, pas les préjugés », soutient la communication du cabinet, qui reconnaît, toutefois, que les réformes peuvent être discutées, critiquées et évaluées à l’aune de leurs résultats.
Le ministère estime que l’évaluation de l’action publique doit donc porter sur les réformes effectivement engagées et, à terme, sur leurs effets concrets sur l’économie nationale, les finances publiques et la capacité de l’État à financer son développement.
Cette approche place néanmoins les autorités financières devant un impératif : transformer les annonces et les réformes institutionnelles en résultats mesurables. Pour l’Eurobond comme pour les marchés financiers ou la réforme fiscale, la crédibilité de cette transformation dépendra notamment de la transparence, de la soutenabilité financière, de la gouvernance et de l’impact réel sur les recettes et l’investissement.
Le cabinet de Doudou Fwamba résume sa ligne d’action autour d’une formule : « moins de bruit, plus de réformes », en affirmant que la transformation financière de la RDC se construit progressivement.