Par Serge Mavungu
Un an après l’entrée en fonction du gouvernement Suminwa II, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté les principales actions menées par son ministère dans le cadre de l’exercice de redevabilité. Devant la presse, il a notamment mis en avant les mesures prises pour surveiller les marchés, contenir les prix des produits essentiels et renforcer la production locale.
Le ministre a reconnu que la RDC reste dépendante de certaines importations, notamment pour approvisionner les grandes villes en maïs, riz, poisson, viande et produits laitiers. Il estime toutefois que cette dépendance peut être progressivement réduite grâce au développement des capacités de production nationales.
TALO, un outil de surveillance des prix
Parmi les réformes mises en avant figure TALO, un dispositif numérique permettant de suivre chaque semaine les prix des produits de première nécessité.
Lancé à Kinshasa en mars 2025, l’outil couvre désormais 17 villes, parmi lesquelles Beni, Isiro, Kolwezi, Likasi, Matadi et Kisangani. Il permet de surveiller 61 produits essentiels et de détecter rapidement les variations inhabituelles des prix.
Daniel Mukoko Samba a notamment cité le cas de Lubumbashi, où le prix du sac de 25 kg de riz, qui avait atteint 45.000 FC, est redescendu entre 31.000 et 33.000 FC après l’intervention du Gouvernement.
À Kisangani, le prix du sac de 150 kg de riz est, selon lui, passé de 720.000 FC à 520.000 FC à la suite des mesures de régulation.
Le ministère prévoit d’étendre TALO à 33 villes afin de renforcer la surveillance des principaux marchés urbains du pays, à l’exception des zones affectées par la guerre.
Carburant : limiter le choc des prix internationaux
Autre point soulevé par le ministre : la gestion du marché des carburants dans le contexte de la flambée des cours mondiaux liée à la crise au Moyen-Orient
Le Gouvernement a maintenu les prix à la pompe pendant plusieurs semaines avant de procéder à une hausse de 200 FC par litre. À Kinshasa, le prix de l’essence est ainsi passé de 2.440 FC à 2.640 FC
Daniel Mukoko Samba estime que sans cette intervention, le litre d’essence aurait pu atteindre l’équivalent de 3 dollars, contre environ 1,15 dollar au moment de son intervention.
Il a également souligné qu’aucune rupture d’approvisionnement n’a été enregistrée. Dans la zone Ouest, la consommation mensuelle de carburant serait passée d’environ 50.000 m³ au début du gouvernement Suminwa I à plus de 106.000 m³.
200.000 opérateurs informels à formalise
Le ministère veut également s’attaquer au poids du secteur informel dans l’économie nationale.
Daniel Mukoko Samba a annoncé un programme visant à formaliser plus de 200.000 opérateurs économiques. Cette démarche doit leur permettre d’obtenir les documents nécessaires à leurs activités, d’accéder aux services publics et de bénéficier plus facilement des mécanismes de financement.
Le chantier s’inscrit dans la préparation d’un Code de commerce unifié, élaboré avec le ministère du Commerce extérieur. Celui-ci doit remplacer les différents textes actuellement en vigueur, notamment une législation datant de 1973.
Relancer les bassins de production
Le redressement de la production nationale constitue également un axe important de la stratégie présentée par le ministr
Le ministère travaille à la relance d’anciens bassins agricoles en collaboration avec des opérateurs privés, notamment des agrégateurs chargés d’accompagner les producteurs et de restructurer les filières.
À Bumba, une opération rizicole doit notamment encadrer près de 30.000 planteurs autour de la Société Rizicole de Bumba. Un projet de production de maïs est également développé à Boamanda, dans le Sud-Ubangi, tandis que la station agricole de Ngandajika, au Kasaï Oriental, fait l’objet d’un programme de relance.
Le Fonds de régulation économique (FOREC) doit contribuer au financement de ces différentes initiatives.
Le maïs maintenu autour de 14 dollars dans le Grand Katanga
Le ministre a enfin cité la stabilisation du prix du maïs dans l’espace Grand Katanga parmi les résultats obtenus.
Selon les chiffres présentés, le sac de 25 kg, qui pouvait atteindre 40 à 45 dollars durant les périodes de soudure, se maintient depuis deux ans autour de 14 dollars grâce aux mécanismes de régulation.
Des interventions ont également été menées à Bandundu, Likasi, Kisangani, Lubumbashi et dans d’autres villes pour contenir certaines flambées de prix.
À travers ces différentes actions, le ministère de l’Économie nationale entend poursuivre la surveillance des marchés, sécuriser l’approvisionnement en produits essentiels et soutenir les capacités de production locales. L’objectif affiché par Daniel Mukoko Samba est de réduire progressivement la dépendance aux importations et de renforcer la résilience de l’économie congolaise.