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RDC - Budget 2027 : Adolphe Muzito ouvre le bal des arbitrages avec les ministères

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Le VPM en charge du Budget, Adolphe Muzito, en consultations avec les différents ministres du gouvernement congolais
Le VPM en charge du Budget, Adolphe Muzito, en consultations avec les différents ministres du gouvernement congolais

Par Patrick Kitoko

Le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a entamé, ce mercredi 2 septembre 2026, une série de consultations avec les membres du gouvernement et plusieurs responsables des institutions publiques. Objectif : examiner et arbitrer les enveloppes proposées dans le cadre de l'avant-projet de loi de finances pour l'exercice 2027.

Le processus d'élaboration du budget 2027 entre dans une phase décisive. Après les travaux préparatoires organisés à Bibwa, dans la commune de la N'sele, le ministère du Budget a lancé les consultations sectorielles destinées à examiner les crédits sollicités par les différents ministères et services de l'État.

Installé au Centre financier de Kinshasa, Adolphe Muzito, accompagné notamment du vice-ministre du Budget Élysée Bokumwana, du directeur de cabinet Blanchard Mongomba et du directeur général de la Politique et de la Programmation budgétaire (DGPB), Rolly Lengo, a reçu plusieurs responsables gouvernementaux.

Affaires sociales : plaidoyer pour davantage de crédits

La ministre des Affaires sociales, de l'Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a été parmi les premières personnalités reçues. Elle a défendu une augmentation de l'enveloppe destinée à son secteur, estimant que les besoins humanitaires auxquels le pays est confronté justifient un effort budgétaire supplémentaire. Selon elle, son ministère avait sollicité 0,07 % du budget national, contre 0,05 % initialement prévu. Elle a également insisté sur la nécessité d'améliorer non seulement les prévisions budgétaires, mais surtout leur niveau d'exécution.

La ministre a notamment évoqué l'ampleur des besoins humanitaires dans le pays, estimant à plus de 15 millions le nombre de Congolais nécessitant une assistance urgente. À l'issue de la rencontre, Ève Bazaïba s'est dite rassurée par l'écoute du ministère du Budget et par la perspective de réduire les écarts entre les crédits sollicités et ceux initialement retenus.

Personnes vivant avec handicap : le plaidoyer pour un budget conséquent

La ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, a également plaidé pour une augmentation des crédits de son secteur. Elle a mis en avant la création de deux établissements publics destinés à favoriser l'autonomisation et l'accessibilité des personnes vivant avec handicap. Ces structures, a-t-elle expliqué, doivent contribuer à lutter contre la pauvreté, la mendicité et les discriminations. Irène Esambo a également salué la prise en compte de la situation de 2 037 personnes vivant avec handicap recrutées dans l'administration publique, mais qui ne sont pas encore mécanisées. Elle a indiqué que le ministère du Budget s'était montré favorable à l'octroi d'une prime en attendant leur mécanisation.

Éducation : améliorer les conditions des enseignants

Du côté de l'Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, la ministre Raïssa Malu a insisté sur la nécessité d'améliorer progressivement les conditions sociales des enseignants et des agents administratifs. La rencontre avec le ministère du Budget devait notamment permettre d'identifier les crédits susceptibles d'être revus à la hausse afin de garantir une amélioration de la situation en 2027.

Raïssa Malu a salué l'ouverture manifestée par Adolphe Muzito et Élysée Bokumwana, estimant que les spécificités du secteur de l'éducation avaient été prises en compte dans les discussions.

Plusieurs secteurs réclament davantage de moyens

Les revendications ont également concerné la Formation professionnelle, la Jeunesse ainsi que la Pêche et l'Élevage. Les représentants de ces secteurs ont plaidé pour une augmentation, voire un dédoublement, des ressources qui leur sont réservées.

Même démarche au ministère de l'Intégration régionale. Son titulaire, Floribert Anzuluni, a défendu les besoins de son administration dans un contexte marqué notamment par la présidence congolaise de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), qui implique l'organisation de plusieurs activités au cours des prochaines années.

Au ministère de l'Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Marie-Thérèse Sombo a, elle aussi, mis en avant la nécessité d'aligner les moyens financiers sur les priorités définies dans la vision du chef de l'État.

Fonctionnement des institutions et mobilisation des recettes

Le secrétaire général du gouvernement, Jean Hubert Ekumbaki, a également défendu les crédits affectés au fonctionnement de son institution. Il a notamment évoqué les dépenses liées à l'organisation des réunions du Conseil des ministres et aux déplacements des membres du gouvernement dans les provinces.

Dans le secteur des Transports, le secrétaire général Pierrot Nke a, pour sa part, mis l'accent sur la nécessité d'accroître les recettes propres de l'État. Il a cité la digitalisation, une meilleure prise en charge des différents intervenants ainsi que les investissements comme autant de leviers susceptibles de permettre au secteur des Transports de contribuer davantage aux ressources publiques.

Vers les arbitrages finaux

Cette série de consultations constitue une étape importante dans la préparation de l'avant-projet de loi de finances 2027. Elle doit permettre au ministère du Budget de confronter les besoins exprimés par les différents secteurs aux capacités financières de l'État et d'opérer les arbitrages nécessaires.

Les consultations, qui ont débuté, ce mercredi 2 septembre, se poursuivront jusqu'au vendredi 4 septembre 2026. À l'issue de cette séquence, le gouvernement devra poursuivre la finalisation de l'avant-projet de budget avant les prochaines étapes de la procédure budgétaire. Pour les différents secteurs, l'enjeu est désormais de transformer les engagements exprimés autour de la table des négociations en crédits effectivement inscrits et, surtout, exécutés au cours de l'exercice 2027.

Mercredi 2 septembre 2026 - 20:50