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RDC : Doudou Fwamba explique comment l’Eurobond de 1,25 milliard USD permet de relancer le barrage de Grand Katende

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Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ministre de Finances en RDC devant la presse à Kinshasa
Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ministre de Finances en RDC devant la presse à Kinshasa

Par Prosper Buhuru

À l’arrêt depuis 2011, le projet du barrage hydroélectrique de Grand Katende, dans la province du Kasaï-Central, connaît une nouvelle dynamique grâce aux ressources mobilisées par la République démocratique du Congo sur le marché international de la dette.

La relance de ce chantier figure parmi les retombées mises en avant par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, après la première émission d’Eurobond de la RDC, qui a permis au pays de lever 1,25 milliard de dollars.

Pour l’argentier national, cette opération ne se limite pas à une mobilisation de ressources financières. Elle constitue également un signal adressé aux investisseurs internationaux et doit permettre à la RDC de diversifier ses sources de financement.

Selon Doudou Fwamba, l’accès au marché international de la dette devrait notamment contribuer à améliorer la courbe des taux du pays et à renforcer progressivement sa crédibilité auprès des investisseurs.

Mais l’un des principaux enjeux demeure l’utilisation concrète des fonds mobilisés. Une partie des ressources de l’Eurobond est destinée, selon les éléments rapportés, au financement d’investissements structurants, plutôt qu’au seul fonctionnement courant de l’État.

Parmi les projets concernés figure le barrage de Grand Katende, dont la capacité projetée est de 64 mégawatts. Sa relance est présentée comme un levier important pour améliorer l’offre énergétique dans le Grand Kasaï, une région confrontée depuis plusieurs années à un déficit important en matière d’accès à l’électricité.

Pour le gouvernement, l’intérêt de l’opération est donc double : mobiliser des capitaux sur les marchés internationaux tout en orientant une partie de ces ressources vers des infrastructures susceptibles de produire des effets économiques concrets.

Le choix de Grand Katende illustre ainsi la volonté affichée par Kinshasa de transformer une partie de l’endettement extérieur en investissements productifs.

Doudou Fwamba met ainsi en avant deux principales retombées de l’émission obligataire. La première concerne la position financière de la RDC sur les marchés internationaux. En accédant à une nouvelle source de financement, le pays cherche à élargir ses marges de manœuvre et à améliorer sa relation avec les investisseurs.

La seconde est liée à l’impact attendu sur le terrain, avec le financement d’infrastructures structurantes comme Grand Katende.

L’enjeu sera désormais de démontrer que les ressources mobilisées produisent effectivement les résultats annoncés, notamment à travers l’avancement des travaux et, à terme, la mise en service des capacités de production électrique prévues.

Pour le gouvernement de Félix Tshisekedi, le pari consiste donc à faire de cette première opération obligataire internationale non seulement un instrument financier, mais aussi un moyen de financer des projets capables de générer des retombées économiques et sociales tangibles.

La relance de Grand Katende apparaît, à ce titre, comme l’un des premiers tests concrets de cette stratégie : transformer une levée de dette sur les marchés internationaux en infrastructures visibles et en capacité énergétique supplémentaire pour le pays.

Mardi 1 septembre 2026 - 11:37