Par Prosper Buhuru
La crise du carburant prend de l’ampleur à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Depuis la fermeture de plusieurs stations-service, le prix de l’essence a fortement augmenté, avec des répercussions immédiates sur le coût du transport en commun.
D’après des informations rapportées par Radio Okapi, le litre d’essence se négociait, dimanche 23 août 2026, entre 12 500 et 15 000 francs congolais auprès des revendeurs, alors qu’il coûtait environ 4 000 francs à la pompe avant le déclenchement de la crise.
À l’origine de cette situation, les responsables des stations-service contestent la hausse de la taxe conventionnelle. Plusieurs stations ont été scellées par la Direction générale des recettes du Tanganyika (DGRTANG) pour défaut de paiement de cette taxe. Selon des sources locales citées par Radio Okapi, son montant serait passé de 6 millions à 25 millions de francs congolais.
En réaction, les autres stations-service de Kalemie ont fermé leurs portes depuis vendredi 21 août, en solidarité avec les établissements concernés par les mesures de fermeture.
Le transport lourdement affecté
La pénurie de carburant se répercute directement sur les déplacements des habitants. Le prix du transport en commun aurait ainsi triplé, voire quadruplé, sur certains itinéraires.
Un motocycliste interrogé par Radio Okapi explique que l’augmentation du prix de l’essence réduit considérablement ses revenus et complique ses rapports avec les clients.
« Ils ont fermé leurs stations-service et nous achetons le litre d’essence à 10 000 francs », témoigne-t-il, évoquant les difficultés à couvrir simultanément les dépenses liées au carburant, au versement au propriétaire de la moto et aux besoins de son ménage.
La situation inquiète également les acteurs de la société civile. Nathan Mugisho, président de l’association Umoja ni Nguvu dans le Tanganyika, demande aux autorités de réunir les opérateurs pétroliers afin de trouver rapidement un compromis.
Il estime qu’une reprise de l’approvisionnement permettrait de ramener les coûts du transport à un niveau supportable pour la population. Il redoute également des conséquences sur l’approvisionnement de Kalemie en produits de première nécessité, dont l’acheminement devient plus difficile avec la hausse des coûts de transport.
Pour l’heure, aucune réaction de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) n’a été signalée dans ce dossier. La reprise normale de la distribution du carburant reste ainsi suspendue à l’issue des discussions entre les autorités et les opérateurs du secteur pétrolier.