Par Gloire Balolage
Le gouvernement de la République démocratique du Congo prépare une vaste opération de désarmement civil volontaire qui devrait se dérouler du 22 septembre au 22 décembre dans plusieurs zones considérées comme stratégiques. Cette campagne vise à récupérer puis à détruire les armes détenues illégalement par des civils, dans le cadre de l'initiative de l'Union africaine « Faire taire les armes ».
Pour obtenir la remise volontaire des armes, les autorités congolaises comptent sur plusieurs mesures incitatives destinées à rassurer les détenteurs. Trois garanties sont ainsi annoncées : l'anonymat total, une amnistie judiciaire ainsi qu'une contrepartie matérielle reposant sur le principe d'« arme contre objet de développement ». Le gouvernement entend ainsi encourager les civils concernés à participer à l'opération sans craindre de conséquences liées à la détention antérieure de leurs armes.
La campagne devrait concerner plusieurs espaces géographiques présentés comme stratégiques. Parmi les zones citées figurent notamment Kinshasa, le Kongo Central, la Tshopo, le Grand Équateur et le Grand Kasaï. La supervision de cette opération sera assurée par la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre (CNC-ALPC), chargée du contrôle de ce type d'armes.
Le désarmement civil volontaire n'est toutefois pas une démarche nouvelle en République démocratique du Congo. En juillet 2024, le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani avait indiqué que plus de 200 000 armes ainsi que plus de 1 000 tonnes de munitions avaient déjà été détruites dans le pays. Selon ces informations, une partie de ces armes provenait notamment des opérations précédentes de désarmement civil volontaire.
La nouvelle campagne intervient cependant dans un contexte où la récupération des armes déjà présentes sur le territoire ne suffit pas, à elle seule, à empêcher l'introduction de nouvelles armes. Une étude publiée en mai 2025 par le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité, basé à Bruxelles, met notamment en évidence la porosité des plus de 10 000 kilomètres de frontières de la RDC ainsi que les risques liés au détournement d'armes à partir des stocks officiels.
À ce stade, les autorités congolaises n'ont pas encore communiqué d'objectif chiffré concernant le nombre d'armes qu'elles espèrent récupérer au cours de cette nouvelle opération. La campagne est donc annoncée sans volume précis de collecte, alors que son ambition est de contribuer à la réduction de la circulation illégale des armes détenues par des civils.
Deux aspects restent également à préciser avant le lancement de l'opération. Il s'agit, d'une part, de la nature exacte des contreparties matérielles qui seront proposées aux personnes remettant volontairement leurs armes et, d'autre part, des modalités concrètes d'application de l'amnistie judiciaire annoncée. Ces précisions devront permettre de mieux cerner les conditions dans lesquelles le désarmement volontaire sera mis en œuvre entre le 22 septembre et le 22 décembre.