Par Prosper Buhuru
La baleine retrouvée échouée sur la côte de Muanda, dans la province du Kongo-Central, sera officiellement exhumée, neuf semaines après son enfouissement. L’opération, annoncée ce mercredi 2 août 2026, vise notamment à permettre aux chercheurs de mener des études scientifiques approfondies sur la dépouille de ce grand mammifère marin.
L’annonce a été faite par la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, à l’occasion de son déplacement à Muanda. Cette exhumation devrait permettre aux scientifiques d’examiner la dépouille afin de recueillir davantage d’informations sur les causes de cet événement exceptionnel.
Pour Malick Muamba, expert en environnement, qui s’est confié à l’ACP, cette opération dépasse, toutefois, le simple cadre technique de récupération d’une carcasse. Il estime qu’elle doit être conçue comme une véritable intervention scientifique, compte tenu de l’intérêt que représente cet animal pour la recherche et la conservation de la biodiversité.
« L’exhumation de la baleine échouée sur la côte congolaise constitue une décision importante pour la recherche scientifique et la conservation de notre patrimoine biologique », souligne l’expert en environnement.
Après neuf semaines d’enfouissement, poursuit-il, l’opération devra être menée avec une attention particulière, notamment en raison de l’état de décomposition de la dépouille. Il plaide ainsi pour la mise en place d’un protocole rigoureux permettant de documenter chaque étape de l’intervention.
Malick Muamba recommande également une approche multidisciplinaire associant notamment les spécialistes de l’environnement, de la faune marine et de la recherche scientifique, afin de maximiser les informations susceptibles d’être tirées de la dépouille.
Au-delà de cet événement particulier, l’expert plaide pour la création d’une commission gouvernementale chargée d’élaborer un protocole national d’exhumation des grands mammifères. L’objectif serait de disposer, à l’avenir, d’un cadre scientifique et technique approprié pour traiter les cas similaires et mieux documenter les phénomènes touchant la faune sauvage et marine en République démocratique du Congo.
L’exhumation de la baleine de Muanda apparaît ainsi comme une occasion de renforcer la recherche sur la biodiversité marine congolaise et de mieux comprendre les circonstances pouvant expliquer l’échouage de grands mammifères sur les côtes du pays.