Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo considère désormais le protocole relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) comme un élément central dans la mise en œuvre de ses engagements pris dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington. Le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, l’a présenté comme une étape déterminante lors d’une interview accordée vendredi à TV5 Monde.
Pour le ministre, la signature de ce protocole constitue un « acte majeur » puisqu’elle établit le cadre devant permettre à la RDC de mettre en œuvre son engagement concernant la neutralisation des FDLR. Floribert Anzuluni estime ainsi que ce document donne une base opérationnelle à l’un des principaux engagements pris par Kinshasa dans le cadre de l’accord de paix.
Cette étape intervient alors que des interrogations portent notamment sur le calendrier de démobilisation des membres des FDLR. Interrogé sur le délai de 90 jours évoqué pour cette opération, le ministre de l’Intégration régionale a tenu à préciser que ce délai n’a pas encore été officiellement arrêté pour la mise en œuvre du protocole signé.
Floribert Anzuluni a expliqué que les 90 jours correspondent au délai déjà repris dans l’accord de paix ainsi que dans le Conops. Toutefois, selon lui, ce délai ne constitue pas encore le calendrier fixé pour le processus engagé à travers le protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR.
« Nous n’avons pas encore défini le délai », a-t-il précisé lors de son intervention sur TV5 Monde.
Pour les autorités congolaises, la priorité immédiate reste donc la mise en place des différentes étapes devant conduire à la démobilisation. Le ministre a rappelé que la première étape a déjà été franchie avec la signature du protocole par les FDLR, qu’il qualifie d’« extrêmement importante » dans le processus.
Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) travaille également sur les modalités pratiques de cette opération. Floribert Anzuluni a indiqué que ce programme a élaboré un plan opérationnel de démobilisation ainsi qu’un chronogramme, éléments destinés à encadrer la suite du processus.
Ainsi, la signature du protocole marque, selon le ministre congolais de l’Intégration régionale, une étape importante dans la concrétisation de l’engagement de la RDC à neutraliser les FDLR. Si le délai de 90 jours figure dans l’accord de paix et le Conops, Kinshasa précise toutefois qu’aucun calendrier spécifique n’a encore été défini pour la mise en œuvre de cette phase de démobilisation.