Par Prosper Buhuru
Un nouveau tournant est survenu dans la crise institutionnelle qui couvait au Haut-Uélé. Alors que les députés provinciaux s’apprêtaient à examiner et voter une motion de défiance visant le gouverneur Jean Bakomito Gambu, le ministère de l’Intérieur a brusquement mis fin au processus.
Dans un télégramme daté du 27 novembre 2025, le Vice-ministre Jean-Baptiste Ndeze Katurebe a instruit le président de l’Assemblée provinciale de surseoir immédiatement à toute initiative du genre. L’ordre, précise-t-il, émane directement de la haute hiérarchie du pays, qui a décidé de suspendre toutes les motions et pétitions visant les gouverneurs, leurs adjoints ou les bureaux des Assemblées provinciales.
Pour garantir l’exécution stricte de cette directive, les services de sécurité ont été chargés de verrouiller les installations de l’Assemblée provinciale jusqu’à nouvel ordre, empêchant de facto la tenue de la plénière annoncée.
Une intervention musclée qui intervient au moment même où les élus locaux finalisaient les démarches pour pousser l’exécutif provincial à s’expliquer.
La motion de défiance contre Jean Bakomito Gambu reposait sur une série de griefs lourds : gestion financière jugée opaque, favoritisme, incompétence dans la conduite des affaires publiques et manquements aux règles budgétaires. Autant d’accusations que les initiateurs estimaient suffisantes pour engager la responsabilité politique du gouverneur.
Mais dans le contexte actuel, marqué par l’agression rwandaise dans l’Est du pays, le Gouvernement central a choisi de paralyser toute tentative de déstabilisation institutionnelle en province. Kinshasa défend désormais une priorité : préserver la cohésion entre les institutions, éviter les crises politiques locales et maintenir la stabilité administrative tant que dure la situation sécuritaire exceptionnelle.