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Révision constitutionnelle en RDC : Ensemble pour la République dénonce « une dérive de haute trahison »

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Olivier Kamitatu, membre du directoire du parti politique Ensemble pour la République
Olivier Kamitatu, membre du directoire du parti politique Ensemble pour la République

Par Don Benjamin Makolo

Le directoire exécutif national du parti Ensemble pour la République a rendu publique, ce vendredi 8 mai 2026, une déclaration politique fortement critique à l’égard de l’actualité institutionnelle en République démocratique du Congo. Le texte a été lu par le directeur de cabinet de Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu Etsu.

Dans cette déclaration, le parti adopte d’emblée un ton ferme en affirmant que « Congo : le pacte républicain est non négociable », traduisant son opposition à toute initiative perçue comme une remise en cause de la Constitution en vigueur.

Ensemble pour la République estime que la date du 8 mai 2026 restera comme « le jour où la plus haute instance de l’État a choisi de rompre son serment constitutionnel ». Le parti accuse ainsi les autorités en place de s’écarter de l’esprit de la Constitution, évoquant une dérive institutionnelle grave.

Le document va plus loin en affirmant que « ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution », rejetant l’idée selon laquelle la Constitution serait responsable des tensions politiques actuelles.

Sur le plan politique, le parti qualifie la démarche de révision constitutionnelle évoquée dans le débat public de « déclaration de guerre au peuple congolais », estimant qu’elle met en danger les acquis démocratiques issus du référendum de 2006.

Ensemble pour la République rejette également l’argument de la souveraineté populaire utilisé pour justifier un éventuel changement de la loi fondamentale. Il parle d’« imposture juridique », soutenant qu’« on n’invoque pas le peuple pour défaire ce que le peuple a déjà fait ».

La déclaration insiste sur la portée du serment présidentiel, rappelant l’obligation de « respecter et défendre la Constitution ». Elle évoque également les articles 164 et 165, en les reliant à la notion de haute trahison en cas de violation des engagements constitutionnels.

Le parti met un accent particulier sur l’article 220 de la Constitution, qu’il présente comme une disposition intangible. Il affirme que « le nombre et la durée des mandats présidentiels sont intangibles », excluant toute modification sur ce point fondamental.

Sur la gouvernance, Ensemble pour la République rejette l’idée selon laquelle la Constitution serait un frein au développement du pays. Il estime que « ce n’est pas l’article 220 qui empêche de libérer l’Est », mais plutôt des défaillances dans la gestion de l’État et des ressources publiques.

Le texte élargit également son analyse aux défis sociaux, en soulignant que les difficultés du pays relèvent davantage de la gouvernance que du cadre constitutionnel. Il évoque notamment la mauvaise gestion, le chômage et les problèmes d’accès aux services sociaux de base.

Sur le plan économique, le parti défend l’idée que la stabilité juridique est essentielle pour attirer les investissements. Il affirme qu’adapter la Constitution aux intérêts économiques serait un « aveu de haute trahison » et rappelle que « la loi de la République s’impose à tous, citoyens et partenaires concernés ».

Ensemble pour la République cite également les performances du secteur minier, indiquant une hausse de la production de cuivre « de moins de 20 000 tonnes en 2006 à plus de 3 millions de tonnes en 2026 », qu’il attribue à la stabilité du cadre légal et institutionnel.

Enfin, le parti met en garde contre les divisions sociales et les dérives identitaires, dénonçant ce qu’il qualifie de « transformation de l’appareil d’État en oligarchie clanique ». Il affirme que « la République démocratique du Congo n’est pas un royaume » et appelle à préserver la cohésion nationale.

En conclusion, Ensemble pour la République appelle à une mobilisation citoyenne en s’appuyant sur l’article 64 de la Constitution. Le parti exhorte les Congolais à « défendre leur dignité » et affirme que « la Constitution est votre seul titre de propriété sur ce pays », avant de conclure sur une position politique ferme : « Une seule nation. Une seule Constitution. Une seule échéance : 2028 ».

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Vendredi 8 mai 2026 - 17:33