RDC : Un sondage révèle que 64 % des Kinois rejettent l’idée d’un nouveau dialogue national

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Par Serge Mavungu

Un sondage réalisé par l’Institut de sondages d’opinion, d’études de marché et des médias ; Les Points ; révèle une forte opposition des habitants de Kinshasa à l’idée d’un nouveau dialogue national destiné à mettre fin à la guerre qui sévit depuis plusieurs années dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon cette enquête menée du 24 au 25 novembre 2025, auprès de 1000 personnes représentatives des 24 communes de la capitale, 64 % des Kinois interrogés rejettent la tenue d’un nouveau dialogue.

Cette étude intervient alors que différents acteurs politiques et membres de la société civile multiplient les appels en faveur d’un dialogue national inclusif. L’objectif affiché : explorer de nouvelles pistes pour tenter d’aboutir à une solution durable au conflit armé. Mais les résultats du sondage montrent que la population kinoise, notamment la "majorité silencieuse" souvent absente du débat public, exprime une opposition nette à cette initiative.

Le sondage révèle en effet que 85 % des répondants estiment que la guerre a "trop duré", traduisant un profond sentiment de lassitude et d’usure face à un conflit devenu chronique. Beaucoup disent se sentir abandonnés et épuisés par une guerre sans fin.

Interrogés sur les causes du conflit, les sondés pointent principalement les intérêts économiques liés aux minerais et aux terres (32 %) ainsi que l’ingérence étrangère (29 %). Deux facteurs majeurs qui, combinés, renforcent l’idée que la guerre aurait des origines essentiellement extérieures, rendant insuffisant un dialogue strictement interne. Cette perception se retrouve également dans le fait que 62 % des personnes interrogées doutent qu’un dialogue puisse être "sérieux" ou "efficace" tant que ces causes externes ne sont pas traitées.

Pour une large partie de la population, les dialogues précédents n’ont d’ailleurs pas produit de résultats durables. Le sondage indique que 70 % des Kinois estiment que ces processus ont surtout servi à récompenser les seigneurs de guerre, à travers des intégrations dans l’Armée, des promotions ou encore des postes au sein des institutions. Ce mécanisme est décrit comme un cycle pervers : "dialogue – partage de postes – retour à la guerre".

Lorsqu’il leur est demandé s’ils souhaitent personnellement un nouveau dialogue national, 64 % des participants se déclarent défavorables, estimant qu’un tel processus pourrait renforcer les groupes armés, encourager l’impunité ou prolonger un conflit déjà trop long.

Face à cette méfiance, les personnes interrogées privilégient d’autres pistes pour mettre fin à la guerre. Parmi les solutions les plus citées figurent : le renforcement des FARDC et une approche militaire plus ferme, la lutte contre le trafic illicite des minerais, la mise en place d’actions diplomatiques vigoureuses contre l’ingérence étrangère, les poursuites judiciaires contre les responsables de crimes, ainsi qu’une plus grande implication des communautés locales dans la prise de décision.

Ce sondage inquiétant dans ses conclusions, met en lumière un fossé grandissant entre les attentes de la population kinoise et les propositions politiques en faveur d’un nouveau dialogue national.

Vendredi 28 novembre 2025 - 21:55