Breaking News

Réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie : plus de 337 000 personnes concernées, l’État congolais détaille sa réponse humanitaire

Catégorie
Image
Les ministres Ève Bazaiba Masudi et Patrick Muyaya Katembwe, lors d'un briefing de presse tenu, le 17 janvier 2026, à la RTNC Kinshasa
Les ministres Ève Bazaiba Masudi et Patrick Muyaya Katembwe, lors d'un briefing de presse tenu, le 17 janvier 2026, à la RTNC Kinshasa

Par Prosper Buhuru

Au cours d’un briefing de presse animé conjointement avec le ministre Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement congolais, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a dressé, ce samedi 17 janvier 2026, un tableau préoccupant de la situation des Congolais réfugiés dans les pays voisins, à la suite de la dégradation sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

À son retour d’une mission humanitaire menée au Burundi et en Tanzanie, la ministre a fait état de plus de 337 000 Congolais ayant franchi les frontières nationales pour chercher refuge dans ces deux pays. Selon elle, cet exode massif est l’une des conséquences humanitaires les plus lourdes du conflit en cours, avec des populations contraintes de vivre dans des conditions de grande vulnérabilité.

Ève Bazaiba précise que le Burundi accueille actuellement près de 250 000 réfugiés congolais, répartis sur sept sites. Le site de Busuma concentre à lui seul 67 000 personnes, dont une majorité d’enfants. Parmi eux, plus de 2 200 sont des mineurs non accompagnés, exposés à des risques accrus en matière de protection.

En Tanzanie, la situation n’est guère différente. La ministre indique que 87 000 Congolais y sont recensés, dont environ 50 000 enfants âgés de moins de 18 ans. Elle souligne également une pression démographique continue dans les camps, avec l’enregistrement de nouvelles naissances et l’arrivée récente de près de 9 800 nouveaux réfugiés.

Face à cette urgence humanitaire, Ève Bazaiba affirme que le Gouvernement congolais a décidé d’intervenir directement en apportant une assistance composée de vivres, de biens non alimentaires et de kits de dignité, particulièrement destinés aux femmes et aux enfants. Une démarche qu’elle qualifie d’exceptionnelle, au regard des contraintes du droit international humanitaire.

La ministre insiste sur le fait que, bien que la RDC soit elle-même un pays affecté par la crise, elle a tenu à assumer une responsabilité morale envers ses ressortissants contraints à l’exil. À ce titre, elle affirme que la RDC est devenue le principal contributeur à l’assistance humanitaire en faveur de ses propres réfugiés au Burundi et en Tanzanie.

Au-delà des chiffres, Ève Bazaiba met en avant la détresse humaine observée sur le terrain, mais aussi la résilience des déplacés. Elle souligne l’attachement profond de ces populations à leur pays et leur aspiration unanime à un retour dès que les conditions de paix et de sécurité seront réunies.

La ministre Ève Bazaiba a enfin salué l’implication personnelle des plus hautes autorités du pays dans la gestion de cette crise, rappelant que la réponse humanitaire s’inscrit dans une volonté politique affirmée de ne pas abandonner les populations affectées par la guerre.

Samedi 17 janvier 2026 - 21:33