Par Prosper Buhuru
Face à la dégradation continue de la situation sécuritaire et politique en République démocratique du Congo, le président de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), Jean-Marc Kabund-a-Kabund, appelle à l’ouverture d’un dialogue politique véritablement inclusif, qu’il présente comme une étape nécessaire pour préserver l’unité nationale et éviter une nouvelle implosion du pays.
S’exprimant lors de la cérémonie d’échange de vœux avec les responsables des partis et associations membres de la CGC, Jean-Marc Kabund a insisté sur la gravité de la crise sécuritaire, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ainsi que sur l’extension de l’insécurité dans d’autres régions du pays. Selon lui, cette situation fragilise dangereusement la cohésion nationale et expose la RDC aux risques de balkanisation et aux convoitises extérieures.
Pour le leader de la CGC, le dialogue politique ne constitue pas une fin en soi, encore moins une concession, mais une solution intermédiaire indispensable pour imposer un cessez-le-feu, parvenir à un accord global inclusif et baliser la voie vers des élections crédibles, transparentes et apaisées dans le respect des délais constitutionnels.
Jean-Marc Kabund rejette fermement l’idée selon laquelle l’opposition recourrait au dialogue pour des intérêts personnels ou des calculs politiciens. Il s’appuie sur l’histoire politique du pays, de la Table ronde de Bruxelles aux différents dialogues nationaux, pour soutenir que chaque période de crise majeure a trouvé une issue à travers le dialogue, permettant d’éviter le chaos, de restaurer la cohésion nationale et de préserver l’intégrité territoriale.
Toutefois, le président de la CGC met en garde contre ce qu’il qualifie de « monologue politique ». Il estime qu’un pouvoir contesté ne peut ni choisir seul ses interlocuteurs, ni fixer unilatéralement les règles du jeu et les lignes rouges d’un dialogue. Pour être crédible et porteur de paix, le dialogue doit, selon lui, être inclusif, équilibré et conduit sous une facilitation neutre.
Jean-Marc Kabund conditionne la participation de sa plateforme à un tel processus au respect de principes qu’il juge non négociables, notamment la Constitution, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Il évoque également des préalables politiques, parmi lesquels la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la fin des arrestations arbitraires, le retour des exilés et la réouverture de l’espace public.
Pour le leader de la CGC, la crise congolaise ne se résume pas à une menace extérieure. Elle est aussi, et surtout, le produit d’un déficit de dialogue interne, d’une incapacité chronique de la classe politique à tirer les leçons du passé et à transformer les accords politiques en véritables leviers de refondation de l’État.
« Les nations ne tombent pas seulement quand elles sont attaquées de l’extérieur, mais lorsqu’elles cessent de se parler honnêtement à l’intérieur », a-t-il martelé, appelant à une direction politique ferme, constitutionnelle et tournée vers l’avenir afin d’éviter une crise politique majeure à l’approche de 2028.