Par Gloire Balolage
La session ordinaire de mars 2026 à l’Assemblée nationale a été l’occasion pour le président de la chambre basse, Aimé Boji, de se prononcer sur la situation économique de la République démocratique du Congo. Dans son allocution, il a insisté sur l’importance de la mobilisation accrue des recettes publiques comme levier essentiel pour financer les politiques publiques et soutenir les investissements structurants dont le pays a grandement besoin.
Selon Aimé Boji, la maximisation des ressources internes constitue un impératif pour renforcer les services sociaux de base et assurer la stabilité économique nationale. Il a souligné que la question des recettes publiques mérite une attention particulière dans le contexte actuel, marqué par des évolutions économiques simultanées aux effets contrastés.
D’une part, le franc congolais a montré une appréciation face au dollar américain, un signal encourageant de stabilité macroéconomique. Toutefois, cette évolution entraîne un effet mécanique de contraction de certaines recettes de l’État libellées en dollars, ce qui impose une vigilance accrue dans la planification budgétaire.
D’autre part, les recettes issues du secteur minier, dont une part importante est rapatriée en dollars américains, exposent l’État à des fluctuations importantes. Ces défis surviennent paradoxalement alors que les perspectives internationales pour le cobalt, produit stratégique pour l’économie congolaise, restent incertaines et nécessitent des mesures adaptées pour sécuriser les finances publiques.
Face à cette situation, Aimé Boji a recommandé la mise en place de mécanismes innovants et rigoureux de mobilisation des ressources internes. Selon lui, ces mécanismes doivent être capables de compenser les effets conjoncturels liés aux variations du secteur extractif et garantir un financement stable des politiques publiques.
Il a également insisté sur la nécessité de lutter contre la fraude, l’évasion fiscale, la corruption et l’économie informelle. Pour le président de l’Assemblée nationale, ces actions constituent une priorité constante afin d’assurer la transparence et l’efficacité de la gestion des finances publiques.
Enfin, Aimé Boji a rappelé que le renforcement des recettes de l’État et la consolidation des finances publiques sont des éléments clés pour soutenir le développement économique durable en RDC. Il a encouragé le Gouvernement à poursuivre ses efforts dans la mise en œuvre de politiques économiques rigoureuses et innovantes, capables d’assurer la stabilité et la prospérité du pays.