Par Patrick Kitoko
L’ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo, le général Christian Tshiwewe, comparaît depuis ce jeudi devant la Haute Cour militaire pour répondre à plusieurs chefs d’accusation particulièrement graves, parmi lesquels la détention illégale d’armes de guerre et la participation présumée à un complot contre l’ordre constitutionnel.
Selon l’acte d’accusation présenté par le ministère public, le général Tshiwewe est poursuivi pour avoir détenu, sans titre ni droit, des armes ainsi que des munitions de guerre dans sa résidence située dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
L’ancien haut responsable militaire est également accusé d’avoir violé une consigne générale adressée à la troupe, dont il avait pourtant reçu personnellement la mission de veiller à l’application. Les poursuites portent aussi sur le recrutement et l’utilisation, à des fins personnelles, de plusieurs officiers supérieurs des FARDC.
Cependant, les accusations les plus lourdes concernent une supposée implication dans un complot visant à renverser l’ordre constitutionnel établi en République démocratique du Congo. D’après la Haute Cour militaire, Christian Tshiwewe aurait, de concert avec plusieurs officiers supérieurs, dont le général John Numbi, participé à l’organisation d’un projet destiné à changer le régime constitutionnel par les armes.
L’accusation soutient qu’il aurait adhéré à ce projet et organisé, dans cette perspective, plusieurs réunions nocturnes à son domicile de Kinshasa.
Au total, dix officiers des FARDC comparaissent dans ce dossier devant la Haute Cour militaire. Parmi les coaccusés figure notamment le général John Ngoyi wa Kabila, ancien officier d’ordonnance de l’ex-président Joseph Kabila. Le général John Numbi ainsi que Pascal Nyembo sont, pour leur part, jugés par contumace en raison de leur absence aux audiences.
Cette affaire, qui implique plusieurs figures de l’appareil militaire congolais, suscite une vive attention au sein de l’opinion publique et pourrait avoir d’importantes répercussions sur le paysage politico-militaire du pays.