Par Gloire Balolage
À l’occasion de la rentrée parlementaire de mars, deux propositions de loi relatives à l’exercice des libertés de religion et d’association en République démocratique du Congo ont été déposées à l’Assemblée nationale. Son auteur, le député national Eric Tshikuma, a fait cette annonce en soulignant la nécessité de mieux encadrer des domaines où des abus et des dérives sont fréquemment dénoncés.
Il s’agit, selon ses propos, d’une proposition de loi portant sur les modalités d’exercice de la liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi qu’une autre encadrant la liberté d’association en RDC. Dans une communication rendue publique via son compte sur le réseau social X, le député de Kinshasa a expliqué que ces initiatives visaient à instaurer un cadre juridique plus précis pour l’exercice de ces libertés fondamentales.
Il a insisté sur le fait que cette démarche s’inscrivait dans la volonté de rendre effectives certaines dispositions de la Constitution du 18 février 2006. Selon ses explications, ces propositions de loi s’appuient notamment sur les articles 22 et 37 de la Constitution, qui garantissent respectivement la liberté de religion et la liberté d’association.
Le parlementaire a fait savoir que l’objectif poursuivi était de renforcer la protection des droits des citoyens tout en prévenant les abus et en consolidant le vivre-ensemble au sein de la société congolaise. Il a également précisé que ces textes devraient permettre à chaque citoyen d’exercer librement ses convictions et ses activités associatives dans un cadre sécurisé.
L’encadrement envisagé viserait à concilier ces libertés avec les exigences de l’ordre public et de la paix sociale, en instaurant des règles claires, transparentes et responsables. Dans cette perspective, le député a fait valoir que les futures dispositions légales offriraient un environnement propice à l’expression libre des croyances et des opinions, tout en organisant de manière rigoureuse la création et la gouvernance des associations.
Il a insisté sur la nécessité de garantir à la fois les libertés individuelles et la responsabilité des structures qui en découlent. Ce projet intervient dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations d’abus, notamment au sein de certaines communautés religieuses. Des chefs religieux sont régulièrement accusés d’exploiter leur influence sur les fidèles, avec des cas évoqués d’abus sexuels ou de détournements de fonds.
Face à ces dérives, il a été rappelé que l’État a la responsabilité de veiller à la régulation de ces pratiques afin de protéger les citoyens et préserver la cohésion sociale.