Par Grevisse Tekilazaya
Dans un texte publié ce lundi, le Prix Nobel Denis Mukwege exhorte le Président de la République Félix Tshisekedi à ne pas suivre les "tambourinaires" sur le sujet relatif au changement ou modification de la constitution. Cette exhortation de Denis Mukwege fait suite aux démissions de Modeste Bahati et Vital Kamerhe qui, selon lui, ternissent l'image des deux chambres du parlement. D'après le gynécologue congolais, Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo ont osé exercer leur fonction qui est celle de représenter le peuple, souverain primaire, dont la volonté doit guider l’action des élus.
" Là où le bât blesse, c’est lorsque les deux responsables politiques se rabaissent en implorant la grâce présidentielle et en clamant haut et fort leur loyauté au Président de la République qui, on peut l’imaginer, se délecte de cette humiliation publique". En se référant à une sagesse ancestrale, Denis Mukwege se dit très inquiet de la posture adoptée par Vital Kamerhe et Modeste Bahati pour une quelconque grâce présidentielle.
" Mourir couché, c’est mourir sans dignité et sans léguer aux progénitures futures une histoire d’honneur. En osant vous opposer au projet de changement de la Constitution alors que notre pays est en guerre, vous avez eu le courage de dire la vérité, signe de noblesse pour un représentant du souverain primaire. Votre responsabilité et dignité auraient dû vous amener à rester fermes, quel que soit le prix à payer. Vous auriez dû accepter de mourir dignement et ne pas pourrir en quémandant la grâce ; ce qui amoindrit la hauteur et la force de votre prise de position".
Et de s'interroger: " Quel message envoyez-vous au monde et à notre jeunesse ? Que vous reste-il encore de votre honorabilité ? Il est à parier que la plupart de vos collègues restés au Sénat, à l’Assemblée nationale et au gouvernement pensent la même chose que vous, mais ils sont soumis au diktat de la mangeoire. Quelle hypocrisie !"
Denis Mukwege rappelle que dans une démocratie normale, les représentants du peuple contrôlent l’action présidentielle et celle du gouvernement. " Mais au Congo c’est le président qui sanctionne les députés qui osent exprimer leur désaccord en utilisant ses courtisans au Parlement. Une inversion de rôles qui tue la démocratie.", conclut-il.