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RDC : De 300 millions à 2,4 milliards USD, la sous-traitance explose et vise 6 millions d’emplois

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Miguel Kashal, Directeur Général de l'ARSP
Miguel Kashal, Directeur Général de l'ARSP

Par Serge Mavungu

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, et le Directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, ont coanimé, lundi 27 avril 2026, un briefing presse au studio Maman Angebi de la RTNC. Thème central : régulation de la sous-traitance, décisions, mesures, résultats et perspectives pour les PME congolaises agréées, en vue de la création d’une classe moyenne en RDC.

Le DG de l’ARSP, Miguel Kashal, a sorti la courbe.

"La première fois, lors de la vulgarisation et du contrôle en 2023, j’avais fait l’état des lieux : nous avions trouvé, sur toute l’étendue du territoire national, seulement 300 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la sous-traitance", a-t-il rappelé.

La loi sur la sous-traitance date de 2017, mais l’évaluation faite en 2022 bloquait encore à 300 millions USD. Puis le décollage.

"Aujourd’hui, les statistiques que nous avons publiées montrent qu’en 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisés. Donc, de 300 millions en 2022 à plus de 2 milliards en 2023. La montée continue en 2024 : plus de 2,4 milliards USD. 2025 connaît un léger repli à 1,7 milliard USD. La raison est connue : l’intensification de l’agression sur Goma et le Sud-Kivu a directement impacté plusieurs opérateurs économiques. La guerre freine clairement la chaîne de valeurs", explique le DG de l’ARSP.

À en croire Miguel Kashal, cette progression n’est pas que comptable : "La sous-traitance, dans la chaîne de valeur, a des impacts directs sur la population, notamment à travers la création d’emplois. Une vision chère au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui s’est engagé à générer 6 millions d’emplois".

"Il s’agit d’argent généré au Congo, payé au pays et retraçable dans l’assiette fiscale. Le but est de contribuer aux 6 millions d’emplois promis par le chef de l’État", a-t-il précisé. 

Derrière les chiffres, la doctrine.

"Une société est éligible à la sous-traitance quand elle respecte la loi. 51% du capital doit être pour les Congolais, 49% maximum pour les expatriés. La loi n’exclut pas les expatriés", explique le DG Miguel Kashal.

L’ARSP tape fort :  "Le contrôle au Kongo Central a laissé un goût amer. Plus de 50 sous-traitants ont été radiés au port MGT de Matadi, et 408 autres chez les quatre cimentiers de la province. Le motif est simple : il n’y avait pas de Congolais dans ces structures. Mes entreprises ont 30 jours pour se mettre en règle et l’ARSP reste ouverte aux recours."

Les opérations de contrôle ne visent pas que les mines. Elles ont été menées au Katanga, au Kongo Central, au Kwilu, à Mbuji-Mayi et au Kasaï Oriental. Autre avancée : le partenariat signé entre l’ARSP et l’ONEM pour un partage réciproque des bases de données, afin de tracer la création d’emplois déclarés.

"Ceux qui veulent faire de l’argent en RDC doivent créer des emplois au pays, s’y installer et développer l’économie congolaise. C’est la fin annoncée du business offshore qui profite à d’autres pays", tranche Miguel Kashal.

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Mardi 28 avril 2026 - 07:20