Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo se trouve, une nouvelle fois, au cœur des préoccupations mondiales, en matière de sécurité alimentaire. D’après les conclusions du dernier rapport du Réseau mondial contre les crises alimentaires, le pays fait partie du groupe restreint d’États où se concentre l’essentiel de la faim aiguë dans le monde, illustrant l’ampleur du défi auquel il est confronté.
Ce rapport classe la RDC parmi dix pays qui regroupent à eux seuls la majorité des personnes affectées. Aux côtés de nations comme l’Afghanistan ou encore le Yémen, le pays continue de faire face à une situation persistante, marquée par une forte vulnérabilité des populations, malgré des contextes parfois encore plus critiques ailleurs.
L’un des principaux facteurs mis en avant reste l’insécurité. Dans plusieurs zones du territoire congolais, notamment à l’Est, les violences récurrentes bouleversent profondément les conditions de vie. Les déplacements de populations qui en résultent désorganisent les activités agricoles et limitent l’accès à l’aide, aggravant une situation déjà fragile pour de nombreux ménages.
Les enfants figurent parmi les premières victimes de cette crise. Des millions d’entre eux souffrent de malnutrition aiguë, dont une part importante dans une forme sévère. Dans les contextes fragilisés par les conflits et les déplacements, le manque de soins de santé, la rareté de la nourriture et la propagation des maladies contribuent à détériorer davantage leur état.
Le rapport met également en évidence des situations extrêmes observées récemment dans certaines parties du monde, notamment à Gaza et au Soudan, où des épisodes de famine ont été identifiés. Ces situations traduisent une aggravation des crises alimentaires, souvent liée aux conflits et aux difficultés d’accès humanitaire.
Les perspectives à court terme ne sont guère rassurantes. Pour 2026, les experts redoutent une poursuite de la dégradation sous l’effet combiné des conflits, des aléas climatiques et des incertitudes économiques. Les tensions internationales pourraient, par ailleurs, accentuer les perturbations des marchés, avec des conséquences directes pour des pays déjà fragiles comme la RDC.
À l’échelle mondiale, les chiffres confirment une tendance préoccupante. En 2025, des centaines de millions de personnes ont été confrontées à une faim aiguë dans près d’une cinquantaine de pays. Cette progression, bien que modérée par rapport à l’année précédente, s’inscrit dans une dynamique inquiétante, avec une intensification des cas les plus graves observés ces dernières années.