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Épidémie d'Ebola : Kinshasa échange avec les USA autour d'un anticorps monoclonal en essai clinique

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Docteur Roger Kamba, ministre de la Santé, hygiène et prévoyance sociale du Gouvernement Suminwa
Docteur Roger Kamba, ministre de la Santé, hygiène et prévoyance sociale du Gouvernement Suminwa

Par Serge Mavungu

Faute de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, la RDC active la piste thérapeutique pour faire baisser la mortalité liée à la 17e épidémie d’Ebola. Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a confirmé l’ouverture de discussions de haut niveau avec les États-Unis. 

« Nous sommes en négociation avec les Américains pour qu’ils nous disponibilisent un anticorps monoclonal. Nous avons fait la demande officielle et les échanges sont avancés. Dans les prochains jours, nous devrions avoir une réponse », a déclaré le ministre. 

La molécule visée a déjà franchi toutes les étapes d’évaluation en laboratoire pour les souches Zaïre et Soudan. Elle n’a en revanche jamais été utilisée contre Bundibugyo, faute d’épidémie récente sur cette souche.

« Si les Américains nous la fournissent, nous la déploierons dans le cadre d’un essai clinique pour les malades », a précisé Roger Kamba. L’objectif est d’évaluer son efficacité et sa tolérance en condition réelle sur les patients congolais, sous protocole validé.

En parallèle, Kinshasa a aussi sollicité des antiviraux à large spectre auprès des partenaires techniques. Le ministre rappelle toutefois la réalité du terrain : « A ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus Ebola. La prise en charge reste donc symptomatique : réhydratation, prise en charge de la détresse respiratoire, transfusion en cas d’anémie sévère ».

En attendant un outil préventif ou curatif spécifique, le ministre a détaillé les axes de la stratégie nationale. 230 patients sont actuellement isolés et traités dans les centres de traitement Ebola en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Des équipes sont déployées auprès des chefs coutumiers, évêques, élèves et ONG. Le message central est d’éviter tout contact avec les malades et d’accepter les enterrements dignes et sécurisés, car « un corps décédé reste contagieux à cause des sécrétions ». 3600 personnes sont suivies par les équipes de terrain. L’objectif est d’identifier, tester et isoler très vite pour couper la chaîne de transmission. Le volet laboratoire est aussi accéléré.

« 2000 tests sont partis aujourd’hui, 4000 autres partiront demain », a annoncé Roger Kamba.

Sur le volet logistique, le déploiement est déjà massif. « Le dimanche 17, je suis descendu sur place avec plus de 5 tonnes d’équipements. Le lendemain, l’UNICEF en a livré. Jeudi, nous recevrons encore 100 tonnes », a confirmé le ministre. La riposte est donc en train de se mettre en place à grande échelle sur toute la zone touchée.

Onze jours après la déclaration, 3 provinces sont touchées : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu. 7 zones de santé sont touchées en Ituri sur 36, 3 au Nord-Kivu, 1 au Sud-Kivu. Environ 1000 personnes symptomatiques ont été identifiées, pour 101 cas confirmés. On dénombre 17 décès confirmés et 200 à 220 décès probables.

Mercredi 27 mai 2026 - 07:30