RDC : « Cette constitution est déjà morte », selon Germain Kambinga

Catégorie
Image
Germain Kambinga, président du parti Le CENTRE [photo d'illustration]
Germain Kambinga, président du parti Le CENTRE [photo d'illustration]

Par Don Benjamin Makolo

Dans une publication faite vendredi 12 juin 2026 sur le réseau social X, Germain Kambinga Katomba, président du Parti Le Centre, a suscité de vives réactions en affirmant que la Constitution actuelle de la République démocratique du Congo est, selon ses termes, « déjà morte ».

Dans une longue réflexion politique, il plaide pour une refonte profonde de la pensée institutionnelle congolaise, estimant que le pays doit cesser de copier mécaniquement des modèles étrangers pour concevoir un système adapté à ses réalités historiques, sociales et économiques.

Germain Kambinga Katomba rappelle que la Constitution actuelle est née des accords politiques ayant mis fin aux conflits armés, avec pour objectif d’assurer la stabilité et l’intégration des anciens belligérants au sein des institutions.

Toutefois, selon lui, près de vingt ans plus tard, les résultats restent mitigés, notamment en ce qui concerne la stabilité politique. Il souligne que les cycles électoraux sont régulièrement marqués par des contestations, transformant les scrutins en crises politiques récurrentes au détriment du développement national.

Des fragilités internes et des scénarios de rupture

Dans son analyse, le président du Parti Le Centre distingue des limites internes et des facteurs externes susceptibles de fragiliser davantage le cadre constitutionnel.

Il évoque notamment plusieurs scénarios pouvant conduire à sa transformation ou à son remplacement : une victoire militaire d’un camp, la victoire d’une rébellion, une négociation politique de transition, un coup d’État ou encore une fragmentation territoriale progressive. Dans ce dernier cas, estime-t-il, la Constitution pourrait perdre toute effectivité sur l’ensemble du territoire national.

« Changer les règles du jeu » plutôt que les hommes

Pour Germain Kambinga Katomba, le véritable enjeu ne réside pas dans le remplacement des dirigeants, mais dans la réforme des institutions elles-mêmes.

Il insiste sur le fait que les constitutions doivent encadrer les faiblesses humaines et garantir l’intérêt général. Dès lors, la question centrale devient celle du modèle institutionnel capable d’assurer la stabilité politique, de préserver l’unité nationale et de transformer les ressources du pays en moteur de développement durable.

Cette prise de position intervient dans un contexte de débats récurrents sur l’avenir institutionnel de la RDC. Entre la défense du cadre actuel et les appels à sa révision en profondeur, la question constitutionnelle continue d’occuper une place centrale dans la vie politique congolaise.

Étiquettes
Samedi 13 juin 2026 - 08:09