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Affaire Minaku-Shadary : sept mois après leur arrestation, André Claudel Lubaya s'inquiète du silence judiciaire et politique qui entoure leur détention

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Emmanuel Ramazani Shadary à gauche et Aubin Minaku à droite
Emmanuel Ramazani Shadary à gauche et Aubin Minaku à droite

Par Gloire Balolage

Dans une tribune publiée ce 25 juin 2026, André Claudel Lubaya s'inquiète de la détention prolongée d'Aubin Minaku, d'Emmanuel Ramazani Shadary et de leurs compagnons, plus de sept mois après leur arrestation en pleine nuit. L'ancien député estime que cette affaire soulève de sérieuses interrogations sur le respect des principes de l'État de droit en République démocratique du Congo.

Selon lui, malgré le temps écoulé, aucune communication officielle n'a permis d'établir clairement les faits reprochés aux personnes concernées ni les raisons justifiant leur maintien en détention.

Il relève que le gouvernement a certes tenté de s'exprimer sur le dossier à travers le ministre de la Justice. Toutefois, il considère que les déclarations publiques faites jusqu'à présent n'ont apporté aucune réponse aux questions essentielles entourant cette affaire. André Claudel Lubaya s'interroge notamment sur les infractions qui seraient reprochées aux détenus, sur l'état d'avancement des enquêtes ainsi que sur les fondements juridiques qui permettraient de prolonger leur détention.

Dans son analyse, il souligne qu'aucune information judiciaire précise n'a été rendue publique concernant les charges retenues contre les personnes concernées. Il affirme également qu'elles n'ont jamais été présentées devant une juridiction ni devant leur juge naturel afin d'être officiellement informées des faits qui leur seraient reprochés. Une situation qu'il juge contraire aux garanties constitutionnelles relatives aux libertés fondamentales et aux droits de la défense.

André Claudel Lubaya décrit par ailleurs des conditions de détention qu'il considère comme particulièrement préoccupantes. Selon lui, les détenus seraient régulièrement transférés d'un lieu de détention à un autre sans que leurs familles ou leurs avocats soient informés de leur localisation. Il estime que cette opacité prive les intéressés de la possibilité d'exercer pleinement leurs droits et les soustrait au contrôle normal des autorités judiciaires compétentes.

Celui-ci considère que de telles pratiques constituent une remise en cause des principes fondamentaux de l'État de droit. Il affirme qu'un État qui prive des citoyens de liberté tout en les maintenant hors du contrôle du juge et sans accès normal à leurs proches ou à leurs conseils juridiques s'écarte des exigences élémentaires de la légalité. Selon lui, cette situation favorise l'arbitraire et nourrit les inquiétudes au sein de l'opinion.

Dans son texte, André Claudel Lubaya interpelle également les organisations de défense des droits humains ainsi que les partenaires internationaux de la République démocratique du Congo. Il se dit surpris par le silence observé face à cette affaire et estime qu'une démocratie ne peut accepter que des citoyens soient maintenus dans une situation où leur sort demeure entouré d'autant d'incertitudes. Pour lui, l'absence d'informations officielles ne fait qu'accentuer les préoccupations liées au respect des droits fondamentaux.

L'opposant rappelle que la gravité éventuelle des faits reprochés à une personne ne saurait justifier la suspension des garanties liées à la liberté individuelle, au procès équitable et aux droits de la défense. Selon André Claudel Lubaya, la crédibilité de l'État de droit se mesure à la manière dont les autorités traitent les personnes qu'elles poursuivent. Il met en garde contre toute forme de détention arbitraire utilisée comme instrument de pression politique, estimant qu'une telle pratique affaiblit l'autorité de l'État au lieu de la renforcer.

Jeudi 25 juin 2026 - 12:39