Par Prosper Buhuru
Le Sénat a adopté, jeudi 16 juillet 2026, le projet de loi de finances rectificative de l'exercice 2026, marquant une nouvelle étape dans l'ajustement de la politique budgétaire du gouvernement. Le texte a été approuvé à l'unanimité par les sénateurs présents.
Sur les 109 membres de la chambre haute, 79 ont participé au vote et ont tous voté en faveur du collectif budgétaire. En proclamant les résultats, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a confirmé l'adoption du projet sans aucune voix contre ni abstention.
Le budget rectificatif est arrêté en équilibre, tant en recettes qu'en dépenses, à 50 866,3 milliards de francs congolais, contre 54 834 milliards de FC prévus dans la loi de finances initiale, soit une réduction d'environ 7,1 %.
D'après le rapport présenté par la commission Économie, Finances et Bonne gouvernance, cette révision tient compte de l'évolution du contexte économique national et international. Malgré un recul des financements extérieurs, les recettes internes enregistrent une progression, principalement grâce aux performances des régies financières.
La Direction générale des impôts (DGI) demeure la principale source de recettes de l'État, avec plus de 20 000 milliards de FC mobilisés. Elle est suivie par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), dont les recettes dépassent 8 290 milliards de FC, en hausse de 10,3 %, ainsi que par la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), qui affiche 5 454 milliards de FC.
Les sénateurs ont également relevé une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques. Les prévisions de croissance économique ont été revues à la hausse, passant de 7,3 % à 7,6 %, tandis que le taux de croissance réelle du PIB est désormais estimé à 5,6 %, contre 5,3 % lors de l'élaboration du budget initial.
Sur le plan monétaire, le taux de change moyen retenu est fixé à 2 290 francs congolais pour un dollar américain, contre 2 467 FC dans les prévisions initiales, traduisant une appréciation du franc congolais d'environ 2,8 %.
Le collectif budgétaire prévoit également une enveloppe supplémentaire de 370,05 milliards de FC destinée au secteur de la santé, notamment pour soutenir le Fonds de promotion de la santé et la mise en œuvre de la Couverture santé universelle.
Par ailleurs, les dépenses ont été réorientées vers les secteurs jugés prioritaires, notamment la sécurité, avec un accent particulier sur les besoins des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Le budget prend aussi en compte le financement de la participation des Léopards à la Coupe du monde de football 2026.
À travers ce collectif budgétaire, le gouvernement entend poursuivre la modernisation de la gestion des finances publiques, renforcer le contrôle des ressources de l'État, accélérer les réformes de mobilisation des recettes, intensifier la lutte contre la fraude financière et privilégier les investissements structurants.