Par Serge Mavungu
Le gouvernement de la République démocratique du Congo veut renforcer la protection de l’espace informationnel congolais face à la montée des contenus abusifs, des campagnes coordonnées et de l’amplification de certains contenus sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques.
La question a été abordée lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 28 août 2026, au cours de laquelle le ministre de la Communication et des Médias a présenté une note d’information consacrée aux mesures de protection de l’espace informationnel congolais et à la régulation des contenus abusifs en ligne.
Selon cette présentation, la réponse de l’État doit désormais évoluer d’une approche essentiellement réactive vers une stratégie globale de protection de l’intégrité de l’espace informationnel. L’objectif est notamment d’agir sur les mécanismes qui favorisent les réseaux coordonnés, les campagnes commanditées et l’amplification algorithmique des contenus nuisibles.
Pour y parvenir, plusieurs actions à court, moyen et long terme ont été proposées au gouvernement.
La première recommandation porte sur la mise en place d’une task-force interministérielle élargie aux services spécialisés, placée sous le pilotage du ministère de la Communication et des Médias. Cette structure serait chargée d’opérationnaliser les dispositifs permanents de veille et d’orientation, mais aussi de définir un cadre de coopération, de transparence et de représentation légale des grandes plateformes numériques en République démocratique du Congo.
Le deuxième axe concerne le renforcement du volet préventif. Il prévoit notamment une campagne nationale permanente sur le bon usage des réseaux sociaux, la mise en place d’un mécanisme d’alerte strictement encadré ainsi que l’intégration progressive de l’éducation aux médias dans les cursus scolaires.
Le troisième volet porte sur l’élaboration d’un rapport technique et juridique destiné à déterminer les adaptations réglementaires et législatives nécessaires, en s’appuyant sur le Code du numérique de 2023 comme socle pour préciser les obligations applicables aux plateformes numériques.
Le ministre de la Communication et des Médias a également rappelé que son ministère entend jouer un rôle d’initiative et de coordination gouvernementale dans cette démarche, tout en respectant les compétences du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), du ministère de la Justice, des ministères sectoriels et des services spécialisés.
Cette présentation a été complétée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Celui-ci a fait état devant le Conseil des initiatives engagées, notamment pour traduire en justice, en procédure de flagrance, certains auteurs de campagnes massives d’insultes observées ces derniers jours.
D’autres initiatives sont également en cours au niveau international, afin d’empêcher que l’usage des réseaux sociaux ne serve de vecteur à la propagation des discours de haine, de diffamations ou d’insultes contraires aux valeurs de la société congolaise.
À travers cette démarche, le gouvernement entend donc passer d’une gestion ponctuelle des dérives observées sur les réseaux sociaux à une gouvernance plus structurée de l’espace informationnel congolais, combinant veille, prévention, éducation aux médias, encadrement juridique et réponse judiciaire.