Coordonnateur du PPRD Schengen-Europe et Secrétaire exécutif fédéral du PPRD / France
Dans une République, le pouvoir n’est pas un héritage et le fauteuil présidentiel n’est pas un trône. Deux mandats constitutionnels doivent rester deux mandats. Les institutions sont supérieures aux ambitions individuelles et la Constitution ne doit jamais devenir un instrument de prolongation indéfinie du pouvoir.Une démocratie véritable repose sur une règle simple : les dirigeants passent, la République demeure. Servir la nation, c’est aussi savoir, au moment venu, passer le flambeau avec dignité et construire des institutions capables de fonctionner au-delà des hommes.
La RDC mérite des institutions respectées, une Constitution protégée, des libertés publiques garanties, une justice indépendante et une alternance pacifique. Modifier les règles du jeu dans le seul but de repousser l’alternance fragiliserait dangereusement notre maison commune.
Kindu : la liberté de manifester pacifiquement doit être protégée
Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état de l’interpellation, à Kindu, de plusieurs responsables et militants de l’opposition, notamment Milla Solokoma, Kasema Pascal, Omba Lumumba, Jovith Ngongo, membres de l’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, ainsi que M. Leader Kalamuli, fédéral de l’ECiDé de Martin Fayulu, accompagné, selon les informations disponibles, de plusieurs autres personnes.
Ces interpellations seraient liées aux démarches entreprises auprès des autorités concernant la marche pacifique annoncée pour le 15 septembre 2026, et certaines personnes seraient maintenues depuis deux jours dans des lieux de détention, notamment au cachot de l’ANR.
Si ces faits sont confirmés, ils appellent une réponse claire : depuis quand solliciter pacifiquement les autorités ou participer à une démarche politique pacifique constitue-t-il une menace pour la République ?
L’ordre public et la sécurité sont nécessaires, mais ils ne peuvent servir de prétexte à l’étouffement de la liberté politique et de la pluralité démocratique. Nous appelons les autorités administratives, municipales et sécuritaires à garantir la paix et la sécurité de tous, à respecter les procédures légales et à traiter équitablement toutes les sensibilités politiques.
Kindu ne doit pas devenir un espace où l’appartenance à l’opposition est considérée comme un délit. Le Maniema ne doit pas devenir un laboratoire de l’intolérance politique. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces interpellations, que les droits des personnes concernées soient garantis et que, si aucune infraction légalement établie ne justifie leur détention, leur libération intervienne sans délai.
La République n’appartient ni à une majorité, ni à une opposition, ni à une famille politique : elle appartient au peuple.
15 septembre 2026 : mobilisation dans la paix
Le C64 appelle à une marche pacifique le 15 septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national.Cette mobilisation doit rester calme, responsable, non violente et respectueuse des personnes, des biens et des institutions de la République. Nous appelons toutes les forces panafricaines, démocratiques et républicaines, ainsi que toutes celles et ceux attachés à l’État de droit, à rester mobilisés, unis et pacifiques.
Nos divergences politiques ne doivent jamais devenir une haine entre Congolais. Nous pouvons appartenir à des familles politiques différentes et rester les enfants d’une même République et les héritiers d’une même nation.La démocratie, ce n’est pas seulement le droit de gouverner ; c’est aussi le droit de contester pacifiquement, de s’exprimer librement et de préparer l’alternance.
Le pouvoir passe, la République reste
Une nation ne se construit pas autour d’un homme, mais autour d’un idéal, d’institutions solides et d’une vision collective. L’histoire jugera chaque génération politique non seulement sur ce qu’elle aura conquis, mais aussi sur ce qu’elle aura accepté de transmettre. Le véritable homme d’État n’est pas celui qui cherche à devenir indispensable, mais celui qui construit une République capable d’avancer après lui.
Le pouvoir est une responsabilité, pas une propriété. Le mandat est une charge, pas un héritage.La Constitution est une règle, pas un obstacle à contourner.Et lorsque vient le temps de passer le flambeau, le véritable homme d’État doit avoir la grandeur de le transmettre.
Deux mandats.
Une Constitution.
Une République.
Un peuple.
Quand vient le temps de passer le flambeau, il faut savoir le transmettre.
Nharly AMISI KM
Coordonnateur du PPRD Schengen-Europe et Secrétaire exécutif fédéral du PPRD / France