Par la Rédaction
À l’heure où la souveraineté d’un État se mesure à sa capacité à maîtriser ses propres technologies, un nom revient dans le débat sur l’avenir scientifique de la RDC: Dr Blaise Wamba Yetshi.
Chercheur et praticien congolais, il porte une ambition claire: faire de la République Démocratique du Congo non plus un simple consommateur de technologies étrangères, mais un pays concepteur, capable de protéger son territoire, de collecter ses propres données et d'anticiper les menaces.
Un parcours scientifique atypique
Chimie pure, mathématiques appliquées, biologie médicale, sciences du développement, télédétection... Le profil de Blaise Wamba Yetshi est celui d'un scientifique aux multiples terrains. Une polyvalence qui, selon ses proches, lui a permis de se spécialiser dans des domaines ultra-stratégiques: surveillance du territoire, recherche stratégique et technologie spatiale.
Pour un pays-continent comme la RDC, l'enjeu est vital: maîtriser l'imagerie, les communications et les systèmes de surveillance est devenu un levier de puissance et de développement.
Une vocation forgée en temps de guerre
Son engagement remonterait aux années les plus sombres du pays. Après la prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en 1997 et le déclenchement de la guerre de 1998, alors sous embargo, Kinshasa cherche à mobiliser ses cerveaux.
Universitaire à l'époque, Blaise Wamba Yetshi aurait été appelé à participer à la conception et à la fabrication de matériels de défense produits localement. Au-delà des équipements, c'est la preuve que l'intelligence congolaise pouvait répondre à un impératif de survie nationale.
Cap sur l'espace: un satellite made in RDC testé à Nkamba
Vingt-cinq ans plus tard, l'ambition a changé d'échelle. Le Dr Wamba Yetshi est présenté comme l'un des pionniers d'un programme spatial congolais.
Un prototype de satellite aurait déjà été expérimenté à Nkamba, au Kongo-Central. Selon ses promoteurs, l'engin intègre un système de stockage centralisé, des transpondeurs et une liaison avec une station de contrôle au sol, avec une couverture de 75 à 100 km et une résolution de 1,55 mètre lors des tests.
L'objectif final: développer toute une gamme, du grand satellite aux nano et pico-satellites, pour révolutionner la cartographie, l'agriculture, la surveillance environnementale, la gestion des ressources et les télécommunications.
Le drone, nouvelle vitrine du savoir-faire local
Dernière illustration: un drone hexacoptère F550 présenté comme 100% « made in RDC ». Fiche technique annoncée: GPS U-Blox M8N, carte Pixhawk 2.4.8, 6 moteurs, batterie LiPo 3S 4 000 mAh, caméra 720P, 1,8 kg au décollage pour 1,2 kg de charge utile, 1 000 m de plafond et 8 à 10 km de portée.
Plus qu'un appareil, c'est toute une chaîne de compétences - électronique, programmation, aéronautique, télémétrie - qui est en train de se constituer.
Le défi: passer du prototype à l'industrie
Si les retombées économiques annoncées - plusieurs dizaines de milliards de dollars par an - restent des projections à confirmer par des études indépendantes, l'idée de fond demeure: la technologie peut devenir un pilier économique et souverain pour la RDC.
Aujourd'hui présenté par ses soutiens comme un véritable patrimoine national, Blaise Wamba Yetshi incarne une question cruciale: la RDC saura-t-elle transformer les prouesses individuelles en écosystème industriel structuré, reliant universités, laboratoires, industrie et État ?
Car un prototype attire l'attention. Une industrie, elle, crée une puissance.