Refus de sortie du corps de Manassé: « Ils ont réservé le même sort à Rossy Mukendi » (Prince Epenge à Opinion-Info)

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L’opposant Prince Epenge, Président du parti ADDCongo.
L’opposant Prince Epenge, Président du parti ADDCongo.

Par la Rédaction

La sortie du corps de Manassé Lomboto, chargé de sécurité de l'opposant Prince Epenge, de la morgue de l'Hôpital du Cinquantenaire, s'est heurtée à un refus des forces de l'ordre.

Munis d'une réquisition d'information du parquet de grande instance de Kinshasa/Kalamu, les hommes en uniforme ont opposé une fin de non-recevoir à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu'aux leaders de l'opposition regroupés au sein de la C64.

Dans ce document, Alice Kibangala Bimwana, Officier du Ministère public près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu, informe le médecin-directeur du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire à Kinshasa/Kasa-Vubu de l'ouverture d'une enquête judiciaire « suite au décès de M. Manassé Lomboto Lomengola lors de la manifestation de la marche organisée par la C64 en date du 15.09.2026 à Kinshasa, dont le corps se trouve actuellement gardé à la morgue du Cinquantenaire ». Elle lui demande de continuer à conserver la dépouille jusqu'à la fin des investigations.

« Un acte illogique et inhumain »

Surpris par l'existence de ce document signé le jour même de l'inhumation, Prince Epenge dénonce un acte « illogique et inconcevable ».

« Il est anormal que ce soit 12 jours après le décès que la justice se manifeste, le jour même où la famille s'apprête à procéder à l'inhumation de Manassé. Le communiqué annonçant les obsèques est passé dans tous les médias – radio, télévision, réseaux sociaux – sans que la justice n'agisse. Vendredi encore, la famille a organisé une veillée mortuaire, sans aucune intervention. C'est choquant et inhumain d'envoyer des militaires et des policiers semer le trouble et interdire la sortie de la dépouille de la morgue », s'est indigné l'opposant, président de l'ADD Congo.

Quant à l'enquête évoquée dans la correspondance du parquet de Kalamu à l'Hôpital du Cinquantenaire, Prince Epenge se dit dubitatif sur son aboutissement. Il y voit un sabotage orchestré par le régime.

« Ce qu'ils ont fait à Manassé Lomboto, ils l'avaient déjà fait à Rossy Mukendi: empêcher la famille et les proches de faire leur deuil. Nous avons sollicité des enquêtes urgentes, personne ne nous a entendus. La CNDH nous a contactés pour obtenir des éléments, nous les avons fournis, sans aucune suite à ce jour. Dans un pays démocratique, pour une activité autorisée par l'autorité urbaine, le procureur aurait dû se saisir d'office du dossier. Rien n'a été fait. Pendant 12 jours, la famille n'a fait que patienter », dénonce-t-il.

Prince Epenge confie à Opinion-Info.cd que les policiers ayant encadré la marche du 15 septembre, jour de la mort de Manassé, avaient assuré aux leaders de l'opposition qu'aucun incident ne surviendrait lors de leur passage devant le siège de l'UDPS, qui figurait sur l'itinéraire validé avec l'Hôtel de ville de Kinshasa. Rassurés, les opposants ont poursuivi leur marche pacifique avant de se retrouver face à des militants munis d'armes blanches.

« C'est là que Manassé a été frappé à plusieurs coups de machette, alors qu'il n'avait aucun moyen de se défendre », a-t-il ajouté.

Il déplore par ailleurs des arrestations arbitraires opérées par la police pour faire exécuter une simple décision administrative.

 

« Plusieurs de nos militants ont été relâchés après l'intervention du président Martin Fayulu », a-t-il conclu.

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Samedi 26 septembre 2026 - 15:13