Par Gloire Balolage
La Coordination provinciale de la Société civile Forces vives du Nord-Kivu appelle le gouvernement à prendre des mesures en faveur des opérateurs économiques et des populations confrontées à la hausse du coût de la vie dans les zones sous contrôle des autorités congolaises. Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre, cette structure fait état de difficultés économiques persistantes dans le Grand Nord.
La Société civile demande notamment la suspension temporaire de la perception de certains impôts, taxes et redevances sur les biens et services dans les zones sous contrôle du gouvernement au Nord-Kivu. Elle estime que cette mesure permettrait d’aider les opérateurs économiques à faire face aux conséquences de la guerre et à l’extrême précarité qui affectent actuellement cette partie de la province.
Dans sa correspondance, la Coordination provinciale rappelle avoir déjà formulé cette demande dans une lettre adressée aux autorités le 4 avril 2026. Elle déplore toutefois la poursuite de la hausse des prix des biens de première nécessité, qu’elle met notamment en lien avec la majoration des impôts et taxes appliqués sur les biens à la douane de Kasindi.
La situation est également présentée comme particulièrement difficile pour les populations déplacées de guerre accueillies dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu. La Société civile cite notamment Lubero-Centre, Butembo et Beni, où ces déplacés dépendent largement des familles d’accueil et des personnes de bonne volonté, alors que le pouvoir d’achat de ces dernières serait de plus en plus affecté par l’augmentation des prix des biens et services.
Le coût du carburant figure également parmi les facteurs qui pèsent sur les prix. Selon la lettre, le carburant, dont la taxation au niveau du FONER aurait été envisagée à 25 dollars par mètre cube, serait actuellement taxé à 100 dollars. À Beni et à Butembo, le litre d’essence est présenté à 4 500 francs congolais, contre 2 640 francs à Kinshasa. Une différence que la Société civile considère comme ayant un impact important sur les prix des biens et services.
La correspondance évoque également les restrictions liées à la maladie à virus Ebola qui, selon ses auteurs, entravent la libre circulation des personnes et des biens. La Société civile rappelle par ailleurs une démarche de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), groupement du Nord-Kivu, qui avait sollicité l’intervention du président de la République en faveur des opérateurs économiques affectés par les conséquences de la guerre.
La Coordination provinciale indique que le directeur de cabinet du chef de l’État avait, à son tour, répondu à la requête de la FEC par une lettre datée du 13 août 2026, en orientant cette question vers l’autorité de la Première ministre. Elle déplore cependant l’absence, jusqu’à ce jour, d’une réponse favorable à cette demande, tout en rappelant que la question avait déjà été évoquée lors de réunions du Conseil des ministres.
Face à cette situation, la Société civile Forces vives appelle finalement à une solidarité nationale accrue envers les populations du Nord-Kivu. Elle demande à la Première ministre et aux autres autorités destinataires de la lettre de soutenir la suspension temporaire de certains impôts, taxes et redevances au profit des opérateurs économiques du Grand Nord, afin de permettre aux populations concernées de bénéficier d’un soulagement durant cette période de guerre et de précarité.