Par Patrick Kitoko
Le gouvernement congolais entend renforcer le contrôle de l'utilisation des financements mobilisés dans la lutte contre la maladie à virus Ebola. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a insisté sur l'obligation de redevabilité qui s'impose aussi bien aux autorités nationales qu'aux organisations partenaires engagées dans la riposte.
Intervenant lors de l'émission spéciale Appels Actu, diffusée sur RFI Afrique, Patrick Muyaya a été interrogé sur la traçabilité des fonds destinés à combattre l'épidémie. Il a affirmé que, les financements concernés n'étant pas versés sur le compte général du Trésor public, il est indispensable d'identifier précisément leurs bénéficiaires et leur utilisation sur le terrain.
« Nous devons savoir qui a reçu quoi et qui fait quoi sur le terrain », a-t-il déclaré, exigeant de chaque partenaire la capacité de justifier les ressources reçues et les activités réalisées.
Le porte-parole du gouvernement a également affiché la fermeté des autorités sur cette question, prévenant que des conséquences pourraient être tirées si les exigences de transparence n'étaient pas respectées.
La transparence au cœur de la riposte
Au-delà de la mobilisation des ressources financières, cette déclaration remet au centre du débat la question du suivi des fonds consacrés à la réponse sanitaire. Dans un contexte où la lutte contre Ebola nécessite des moyens importants, la traçabilité des financements constitue un enjeu majeur pour garantir que les ressources mobilisées contribuent effectivement aux interventions sur le terrain.
L'exigence formulée par Patrick Muyaya soulève ainsi plusieurs questions : quels montants ont été mobilisés, quelles organisations les ont reçus et quels résultats ont été obtenus grâce à ces financements ?
Si le gouvernement annonce sa volonté de demander des comptes aux partenaires, la mise en œuvre de cet engagement devra se traduire par des mécanismes de contrôle transparents, des rapports accessibles sur l'utilisation des fonds et, le cas échéant, des mesures correctives clairement établies.
Pour les autorités congolaises, la riposte contre Ebola ne saurait donc se limiter aux interventions médicales. Elle implique également une obligation de redevabilité financière afin que chaque financement puisse être retracé et son utilisation justifiée.