Par Gloire Balolage
Le président de l'Assemblée provinciale de la Tshopo, Kanga Londimo Mateus, sollicite un moratoire sur l'application de la mesure relative aux baleinières en bois. Dans une correspondance datée du 14 octobre 2026 et adressée au vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, il alerte sur les risques de perturbation de l'approvisionnement alimentaire de la province et de hausse des prix des produits de première nécessité.
Dans cette lettre, le président de l'organe délibérant provincial estime qu'une application immédiate de cette mesure, sans solutions alternatives adaptées, pourrait entraîner des difficultés d'approvisionnement, des pénuries alimentaires et une augmentation du coût des biens essentiels. Il appelle ainsi le gouvernement central à tenir compte des réalités locales de la Tshopo, dont plusieurs entités dépendent fortement du transport fluvial pour leurs échanges commerciaux.
Kanga Londimo Mateus souligne que cette province reste largement tributaire des voies navigables pour acheminer les produits agropastoraux vers la ville de Kisangani. Le transport fluvial joue également un rôle essentiel dans la desserte des territoires d'Isangi, d'Opala, de Basoko, de Yahuma et d'Ubundu, notamment pour leur approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de première nécessité.
Tout en exprimant ses préoccupations, le président de l'Assemblée provinciale reconnaît les efforts du gouvernement congolais visant à renforcer la sécurité du transport fluvial. Il salue particulièrement les initiatives du ministère des Transports destinées à prévenir les naufrages et à limiter les pertes en vies humaines. Il plaide néanmoins pour une mise en œuvre progressive de la mesure, afin de concilier les impératifs de sécurité avec les besoins économiques et sociaux de la population.
Pour répondre à cette situation, Kanga Londimo Mateus demande, en premier lieu, le report de l'application de la mesure jusqu'à la mise en place de solutions alternatives adaptées aux réalités des voies navigables de la Tshopo. À défaut, il propose une période transitoire d'au moins douze mois durant laquelle les baleinières en bois pourraient continuer à transporter des marchandises, à condition de respecter strictement les exigences techniques et les règles de sécurité applicables.
Cette proposition comporte toutefois une restriction majeure : le transport de passagers à bord de ces embarcations devrait rester strictement interdit durant toute la période transitoire. Selon le président de l'Assemblée provinciale, cette disposition permettrait de prévenir les pertes en vies humaines tout en maintenant l'acheminement des marchandises. Le délai accordé donnerait également aux opérateurs du secteur le temps nécessaire pour préparer le remplacement progressif des baleinières en bois par des moyens de transport plus sûrs.