Par Edmond Izuba, envoyé spécial
Après un arrêt systématique des travaux sur base des incompréhensions du gouvernement provincial, les travaux ont repris sur route Kananga-Kalamba Mbuji à la demande expresse du chef de l'État qui ne jure que sur l'amélioration des conditions socio-économiques de la population du Kasaï Central. Les engins des grands travaux de l'entreprise chinoise CREC-7 regagnent la même route plusieurs mois plus tard.
Longue de 260 kilomètres, la route s'entend à redonner du sourire aux populations bénéficiaires de ses merveilles. Sur terrain, ce sont les compacteurs, niveleuses, les excavatrice, les camions ben qui font l'affaire face aux bourbiers. Ces matériels travaillent ardemment comme si rien n'avait été fait au paravent. Ces ingénieurs chinois associés aux ingénieurs locaux travaillent dans un seul objectif : la reprise du trafic Kananga-Kalamba Mbuji.

«Compte tenu de la détérioration très avancée de la route, l'entreprise CREC-7 a préféré s'attaquer aux endroits les plus problématiques», nous répond du haut de son compacteur Crispin Kabengele, travailleur chez CREC-7.
Ces endroits problématiques se situent dans l'espace compris entre la commune rurale de Matamba et Bilomba, un véritable centre de négoce pour les commerçants locaux. Le démarrage des travaux sur cette route à terre battue fait déjà le bonheur des usagers de Kananga-Luiza.
«C'est une joie pour moi de voir que les travaux ont repris sur cette route internationale. Pour nous qui avons l'habitude de faire Luiza, nous avons beaucoup souffert sur cette route parce qu'il fallait 10 heures voire y passer nuit si vous êtes bloqué dans des heures tardives. Je vois devant moi les chinois en train de travailler, c'est-à-dire quelque part le Chef de l'État a exaucé nos prières», a déclaré Jean-Baptiste Kasonga trouvé à bord de sa Land Cruiser “Missionnaire” à Shakama 1, Secteur de Miyawo.
Si la reprise des travaux sur cette route Kananga-Kalamba Mbuji fait d'une part le bonheur des transporteurs des marchandises, elle est par contre l'objet de beaucoup de critiques de la part de la population dont les habitations sont construites à quelques mètres de la route. Ces bénéficiaires directs de cette route digèrent mal d'être dotés d'une route à terre battue en plein 21ème siècle pendant qu'ailleurs c'est le macadam qui est construit. C'est un contraste. Une demande vive est vite lancée au Président de la République afin de rendre la province du Kasaï-Central une référence à partir de la route Kananga-Kalamba Mbuji.

«Que représente une route à terre battue en plein 21ème siècle ? Est-ce que Tshisekedi Tshilombo qu'on a élu massivement ne peut pas nous produire mieux que ça !
Le malheur avec une route à terre battue ce qu'elle ne va durer longtemps», nous confie Rodrigue Mukanda habitant de la commune rurale de Matamba.
Un autre point qui fâche, c'est des saignées créées pour faciliter la fuite des eaux de pluie vers la brousse. Ces dispositifs provisoires en attendant l'exécution des autres étapes de la route, ont malheureusement été placés dans des parcelles des particuparticulier
«Ces saignées sont placées après consentement entre notre entreprise et les propriétaires de ces parcelles», signale Me Sammy Kabengele, agent administratif de CREC-7/Kananga.
La nouvelle tracée de la route à cassitérite mélangée aux caillasses, a pris la forme d'un dos d'âne pour ne plus voir les eaux stagnées sur elle.
Plusieurs aspects techniques dévoilés par les ingénieurs chinois démontrent à suffisance que rien n'est pris à la légère. Les ingénieurs de la société CREC-7 travaillent dans l'idée de remettre d'abord la route dans l'état qu'ils l'ont laissé il y a de cela deux ans.
«Nous avons ouvert deux chantiers sur la route Kananga-Kalamba Mbuji prenant deux trajets convergeant dans une même direction : de la commune rurale Matamba à Bilomba et de Bilomba à Matamba», explique l'ingénieur Mr Yanng, conducteur de niveleuses chez Crec-7.

Dans l'espace de deux mois, l'entreprise chinoise CREC-7 se dit fière d'avoir réhabilité plus de 30 sur plus 65 kilomètres de route de part et d'autre. Le temps pour voir la ville de Kananga reliée à appendice Kalamba Mbuji n'est plus pour longtemps. Ils ont préféré lancé le défis d'une seule année pour concrétiser leur rêve de voir rouler les camions, jeeps 4x4, motos, vélos (bayanda) et autres, sur une route totalement réhabilitée.
«A Bilomba nous avons éradiqué un grand trou, avant de continuer. Ça nous a pris le temps que ça devrait prendre», nous renseigne un autre ingénieur chinois aidé par un interprète local.
Dans plusieurs endroits non encore décapés par les engins lourds, par exemple à Tshibala, non loin de la rivière Lueta, Kalamba Mbuji regorge un sol boueux qui, à chaque fois il pleut, bloque le passage aux véhicules.
«Vous devez alors attendre le soleil séché la boue, soit vous devait creuser pour sortir du gouffre», signale Godefroid Kabeya rencontré à Bilomba. Ce chauffeur-commerçant qui quitte Kalamba Mbuji vient couler ses marchandises à Bilomba.
Débaptisée une route de l'espoir dès le lancement des travaux en 2014, la route Kananga-Kalamba a été muée en une “route impossible” pour traduire son impraticabilité criante. La décision prise l'ancien gouverneur Martin Kabuya d'expulser les chinois de la province est considérée à ce jour comme le début du calvaire sur ce tronçon. La vraie bataille, la gestion du péage.
Affaire à suivre...