Situation sécuritaire et humanitaire dramatique à Goma : plus de 200.000 déplacés en moins de trois semaines (MSF)

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Les déplacés de guerre dans la province du Nord-Kivu [photo d'illustration].
Les déplacés de guerre dans la province du Nord-Kivu [photo d'illustration].

Par Gloire Balolage

Au cours d'un point de presse tenu à Goma, ce mercredi 28 février 2024, MSF -Médecins Sans Frontières- a mis en lumière la situation humanitaire préoccupante dans la province du Nord-Kivu, exacerbée par les combats intensifiés autour de Goma, provenant de Masisi et Rutshuru, causée par les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda.

Selon Johan Brieussel, chef de mission adjoint de MSF, la situation humanitaire est critique et aggravée par un manque d'espaces pour accueillir les familles déplacées, qui se retrouvent contraintes de s'installer dans des camps surpeuplés, ou chez des familles d'accueil à Goma. La nécessité de creuser des latrines et d'assurer un accès à l'eau potable, pour prévenir le choléra devient urgente, tandis que les conditions sanitaires restent précaires.

"200 000 personnes se sont déplacées de la ville de Goma en l'espace de moins de trois semaines. C'est une situation humanitaire critique, qui vient ajouter donc une nouvelle crise dans celle existante dans la ville de Goma. Géographiquement, il y a peu d'espace pour cette population pour s'installer. Il y a aussi des personnes qui se sont réfugiées dans des familles d'accueil de la ville de Goma," a-t-il indiqué.

De plus, Johan Brieussel a précisé que MSF distribue quotidiennement jusqu'à 273.000 litres d'eau sur le site de Rusayo, à la suite des combats à Masisi. Cette organisation humanitaire a mis en place des cliniques, pour la prise en charge des violences sexuelles et des soins de santé mentale, sur les sites de Lushagala et Bulengo. Les besoins exprimés par les déplacés sont principalement liés à l'abri, à l'eau, aux latrines, à la nourriture, ainsi qu'à des services de santé adaptés.

"Nous distribuons jusqu'à 273 mille litres d'eau par jour, sur le site de Rusayo seulement. C'est une situation qui découle des combats à Masisi. Depuis l'année dernière, nous avons sur le site de Lushagala et Bulengo des cliniques, pour la prise en charge des violences sexuelles, et des soins de santé mentale qui y sont liés. 

Et de poursuivre : "Les besoins que les déplacés nous expriment aujourd'hui sont principalement les besoins en termes d'abri. Il n'y a pas eu de distributions de bâches par d'autres partenaires. Il y a également des besoins en eau auxquels on essaie de répondre, des besoins en latrines, et puis de gros besoins en nourriture. Nous observons déjà l'augmentation des cas de malnutrition d'au moins 20%.,".

Face à cette situation d'urgence, Médecins Sans Frontières met en œuvre des actions, pour répondre aux besoins les plus pressants des populations déplacées. Malgré les défis liés à l'accès aux zones affectées par les combats, l'organisation s'efforce de fournir une assistance humanitaire vitale, en coordination avec d'autres partenaires, pour apporter une assistance médicale et humanitaire indispensable sur le terrain, afin d'offrir une aide d'urgence aux plus vulnérables.

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Mercredi 28 février 2024 - 14:39