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Conflits dans l’Est de la RDC : le BCNUDH recense des centaines de violations des droits humains et appelle à renforcer la lutte contre l’impunité

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Des combattants du M23 à Bukavu [photo d'illustration]
Des combattants du M23 à Bukavu [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a publié ses principales tendances sur la situation des droits humains en République démocratique du Congo pour le mois d’avril 2026. Dans son rapport, cette structure des Nations unies indique que la situation demeure préoccupante, particulièrement dans les provinces touchées par les conflits armés, où les populations civiles continuent d’être exposées à de nombreuses violations.

Dans le cadre de son mandat, le BCNUDH assure un suivi régulier de la situation des droits de l’homme à travers le pays et analyse les principales tendances observées. Les informations recueillies sont ensuite partagées avec les autorités congolaises afin de favoriser des actions appropriées, notamment l’ouverture de procédures judiciaires contre les auteurs présumés des violations documentées.

Selon le rapport, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont continué d’être marquées par les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), alliées aux Wazalendo, et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par les forces armées rwandaises. L’utilisation persistante de drones et d’artillerie lourde a accompagné ces combats dans plusieurs territoires.

Par ailleurs, l’activisme des Allied Democratic Forces (ADF) en Ituri et au Nord-Kivu, ainsi que la reprise des attaques de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et de la Convention pour la révolution populaire (CRP) dans le territoire de Djugu, ont continué de menacer les civils.

Au total, le BCNUDH a recensé 382 violations et atteintes aux droits humains sur l’ensemble du territoire national durant le mois d’avril, contre 524 enregistrées en mars, soit une baisse de 27 %. 

L’organisation souligne toutefois que cette diminution doit être analysée avec prudence, en raison des difficultés d’accès et des contraintes liées à la documentation dans certaines zones affectées par l’insécurité. Les provinces touchées par les conflits représentent à elles seules 334 cas, soit 87,4 % des violations recensées.

Les groupes armés restent les principaux responsables des violations documentées, avec 79,34 % des cas enregistrés. L’AFC/M23 arrive en tête avec 130 atteintes attribuées, suivi des Wazalendo avec 58 cas, des groupes Maï-Maï avec 23 cas et des ADF avec 21 cas. Les agents de l’État sont également mis en cause dans 109 violations, principalement attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et à la Police nationale congolaise (PNC).

Le rapport fait également état de la persistance des violences sexuelles liées au conflit. En avril 2026, le BCNUDH a documenté 37 cas ayant affecté 52 victimes, dont 36 femmes et 16 filles. Le Nord-Kivu concentre la majorité des victimes avec 60 %, suivi de l’Ituri avec 31 % et du Sud-Kivu avec 8 %. Parmi les auteurs présumés figurent des groupes armés et certains acteurs étatiques. 

Le M23 est cité pour 12 victimes, les ADF pour six et les groupes Maï-Maï pour quatre victimes, tandis que les FARDC sont associées à 15 victimes. Sur le plan de l’espace civique, le BCNUDH a enregistré 12 violations et atteintes ayant fait 23 victimes. Ces incidents concernent notamment les libertés d’expression, de manifestation, de réunion pacifique ainsi que la liberté et la sécurité des personnes.

Les cas ont principalement été signalés au Sud-Kivu, au Nord-Kivu et au Kongo-Central, avec une majorité d’actes attribués à des groupes armés. Huit cas impliquant des défenseurs des droits humains et des journalistes ont également été documentés, ces acteurs demeurant particulièrement exposés aux menaces dans les zones de conflit et les contextes sensibles.

Dans la lutte contre l’impunité, le BCNUDH indique que 66 procédures judiciaires liées aux violations des droits humains ont été traitées par les juridictions militaires au cours du mois d’avril. Ces affaires concernaient des militaires des FARDC, des agents de la PNC ainsi que des civils. Dix personnes, dont trois militaires, trois policiers et quatre civils, ont été condamnées à la peine de mort. Par ailleurs, avec l’appui du BCNUDH, 23 victimes, parmi lesquelles 12 femmes, ont bénéficié de mesures de protection judiciaire.

L’organisation a également soutenu sept sessions de formation destinées aux autorités judiciaires, administratives et sécuritaires ainsi qu’aux organisations de la société civile, réunissant 188 participants dont 55 femmes, autour de la prévention des violations, de la documentation des cas et de la protection des défenseurs des droits humains.

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Mercredi 8 juillet 2026 - 18:12