Par Gloire Balolage
Les journalistes de la province du Nord-Kivu se sont réunis à Goma, pour célébrer la journée internationale de la liberté de la presse, sous le thème local :"Silence aux armes, voix aux journalistes! Soutenez la Presse au Nord-Kivu". Cet événement a offert aux professionnels des médias, une plateforme pour discuter de leurs défis et proposer des solutions visant à sensibiliser les autorités sur le rôle primordial des journalistes en tant que gardiens de l'information.
Madame Rosalie Zawadi, présidente de l'union nationale de la presse du Congo section du Nord-Kivu, a souligné, lors de son intervention, la réflexion préalable des journalistes avant d'aborder un sujet, conscients du risque de froisser des sensibilités. La propagation des armes au Nord-Kivu a affaibli la portée des voix journalistiques, qui s'expriment désormais avec prudence.
Elle a ainsi souligné l'impératif de réduire le bruit des armes, pour favoriser la liberté de la presse. Les journalistes, en particulier ceux déplacés à Goma, sont confrontés à des conditions de travail inhumaines et dépourvus du nécessaire. La présidente des journalistes a plaidé pour un soutien des autorités provinciales et centrales, ainsi que des partenaires, en vue de permettre aux médias de rompre le silence, dissipant ainsi les fausses informations qui entravent la prise de décisions éclairées par la population.
"Les journalistes travaillent dans des conditions très difficiles, mais c'est grâce à leur passion qu'ils persévèrent. Aujourd’hui, il n'est pas facile de travailler, en particulier pour les journalistes d'information qui vivent dans une crainte constante, en raison de la présence d'armes incontrôlées. Une simple erreur dans leurs propos peut avoir des conséquences dramatiques. Les sources se taisent par peur des représailles, ce qui entrave la circulation de l'information", a-t-elle dit.
Et de poursuivre : "Avant de traiter un sujet, chaque journaliste se questionne à maintes reprises sur le risque de froisser quelqu'un. La prolifération des armes dans la région réduit l'impact des voix journalistiques qui s'expriment timidement. Il est impératif de faire taire les armes, pour garantir la liberté de la presse. Les conditions inhumaines auxquelles sont confrontés les journalistes, en particulier ceux déplacés à Goma, nécessitent un soutien urgent des autorités gouvernementales et des partenaires, pour mettre fin aux fausses informations entravant la prise de décisions éclairées par la population," a-t-elle déclaré.
Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général major Peter chirimwami, présent parmi les invités, a souligné l'importance de la responsabilité et du professionnalisme des journalistes en période de conflit, les appelant à ne pas servir les intérêts de l'ennemi, à travers leur travail.