Par Gloire Balolage
L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits Humains (ACEDH) a organisé un forum virtuel de mobilisation et d’information ce mardi, consacré au rôle des médias dans la justice climatique, dans le cadre du contentieux relatif aux activités d’exploitation du pétrole sur le lac Albert, actuellement pendant devant la Cour de justice de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).
Cette rencontre a permis aux participants, journalistes et activistes de l’environnement, d’échanger sur les défis liés au traitement des contentieux climatiques, à l’accès à l’information ainsi qu’au rôle des médias dans l’accompagnement des communautés concernées.
Au cours des échanges, la question de la durée des procédures judiciaires a été largement abordée. Les participants ont fait observer que les contentieux climatiques prennent, dans la plupart des cas, beaucoup de temps avant d’aboutir à une décision. Selon eux, cette situation entraîne un déficit d’information qui laisse les communautés concernées dans l’attente et les pousse parfois à chercher elles-mêmes des solutions ou à exercer des pressions afin que la justice intervienne plus rapidement.
Face à cette réalité, les intervenants se sont interrogés sur les moyens de faciliter une justice équitable dans des délais raisonnables, tout en préservant la paix autour des questions climatiques. Ils ont estimé que le renforcement de l’information constitue une réponse importante à ce défi, en permettant aux communautés de mieux comprendre l’évolution des procédures judiciaires et les enjeux des contentieux climatiques.
Les participants ont également attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les médias dans le traitement des questions environnementales. Ils ont expliqué que les restrictions de communication ainsi que la logique hiérarchique observée au sein de certaines organisations environnementales ne permettent pas aux journalistes de communiquer efficacement avec les communautés sur les questions climatiques et environnementales. Pour eux, ces obstacles limitent la circulation de l’information et compliquent le travail de sensibilisation.
Parmi les recommandations formulées au cours du forum, les participants ont insisté sur la nécessité de mobiliser dès maintenant la jeunesse afin d’assurer la continuité de la lutte en faveur de la justice climatique. Ils ont estimé que les jeunes journalistes, les jeunes juristes ainsi que les relais communautaires représentent une garantie pour la poursuite des actions engagées aujourd’hui. À cette occasion, ils ont adressé leurs remerciements à l’ACEDH ainsi qu’à l’ensemble des acteurs ayant pris part à cette rencontre.
Revenant sur la question de la durabilité des actions entreprises, plusieurs intervenants ont rappelé que les contentieux climatiques engagés en 2025 et 2026 seront tranchés par les juridictions compétentes, mais que leur compréhension par les populations dépendra largement du travail des journalistes. Ils ont souligné que, sans une couverture médiatique adaptée, le droit risque de rester limité aux salles d’audience, tandis qu’avec l’implication des médias, les décisions de justice pourront atteindre les communautés concernées.
Les participants ont ainsi demandé à l’ACEDH et à l’ensemble de ses partenaires de réfléchir dès à présent à une véritable stratégie de mobilisation de la jeunesse. Selon eux, les jeunes ne doivent pas être considérés comme un simple public lors des activités de sensibilisation, mais comme des acteurs appelés à jouer un rôle actif dans la diffusion des informations relatives aux contentieux climatiques et à la justice environnementale.
À cet effet, plusieurs pistes d’action ont été proposées. Les intervenants ont recommandé de renforcer l’implication des jeunes journalistes dans la vulgarisation des décisions de justice, citant notamment l’exemple des jeunes formés à l’université en communication ainsi que ceux évoluant dans des médias privés.
Ils ont également plaidé pour la participation des jeunes juristes et étudiants au suivi des dossiers judiciaires, ainsi que pour l’engagement des jeunes activistes et relais communautaires dans la diffusion des informations auprès des communautés les plus touchées. Pour les participants, cette mobilisation permettra de renforcer durablement la sensibilisation autour de la justice climatique et des contentieux environnementaux.